Qualifiés pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, les Léopards de la RDC s’apprêtent à défier l’Algérie ce mardi 6 janvier, dans un choc qui s’impose déjà comme un test de vérité. Plus qu’un simple match à élimination directe, ce rendez-vous remet sur la table une question devenue centrale : la RDC a-t-elle changé de dimension ?
Les signaux sont là. Et ils ne sont pas apparus par hasard. Quelques jours plus tôt, le 27 décembre, les hommes de Sébastien Desabre ont tenu tête au Sénégal dans un Stade de Tanger acquis aux Lions de la Teranga. Le nul (1-1) a surpris sur le papier, mais beaucoup moins ceux qui suivent de près la trajectoire ascendante des Léopards. Après le Cameroun et le Nigeria, un autre géant africain a déjà mesuré les limites de sa suprématie face à cette RDC en pleine mue.
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RDC – Algérie : un rapport de force moins déséquilibré qu’il n’y paraît
Sur le plan individuel, l’Algérie conserve des arguments solides. Riyad Mahrez, malgré le poids des années, marque encore cette CAN de son empreinte, avec trois buts en autant de matchs. Autour de lui, Bagdad Bounedjah, Mohamed Amoura, Farès Chaibi ou encore Ismaël Bennacer composent un ensemble expérimenté et redoutable.
Mais la RDC oppose autre chose. Une force collective huilée, patiemment construite. Là où l’Algérie mise sur ses individualités, les Léopards répondent par un bloc, une discipline et une efficacité redoutables. Toute l’équipe défend, toute l’équipe attaque. En 2025, les chiffres parlent d’eux-mêmes : seulement six buts encaissés en onze matchs toutes compétitions confondues, huit clean sheets et une seule défaite. Une solidité devenue la signature de l’ère Desabre.
Certes, l’historique reste défavorable. En six confrontations, la RDC n’a jamais battu l’Algérie : quatre nuls, deux défaites. Un rappel utile pour tempérer l’enthousiasme. Mais cette statistique reflète-t-elle encore la réalité actuelle ?
La mue des Léopards, accélérée depuis la CAN 2023
La réponse se trouve dans l’évolution même de cette sélection. Depuis la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, la RDC avance sans bruit, mais avec constance. Ce tournoi a servi de socle à une reconstruction assumée, sans promesse immédiate, mais avec une vision claire.
Les victoires obtenues ensuite face au Cameroun et au Nigeria lors des barrages continentaux de la Coupe du monde ne relèvent pas du hasard. Elles sont le fruit d’un travail de longue haleine, d’un projet arrivé à maturité. Match après match, les Léopards forgent une identité, une confiance et une certitude nouvelle : ils peuvent désormais regarder les grands yeux dans les yeux.
Même le contexte du stade Moulay Hassan, ancien camp de base algérien durant la phase de groupes, ne semble pas suffire à inverser la dynamique. Ce stade a déjà vu le Nigeria tomber quelques semaines plus tôt. Il est devenu, symboliquement, un terrain de chasse pour les Léopards.
Une faim intacte, loin d’être rassasiée
À la veille de ce huitième de finale face à l’Algérie, la RDC ne se présente plus en outsider résigné. Elle arrive avec de l’appétit, des certitudes et une ambition assumée. L’idée d’un exploit n’est plus un fantasme, mais une hypothèse crédible.
Les Léopards n’ont peut-être jamais battu les Fennecs. Mais ce mardi, tous les indicateurs laissent penser que l’histoire peut basculer. Et surtout, que cette équipe congolaise n’a pas encore fini de bousculer l’ordre établi.




