Paris – Kinshasa, 27 février 2026 – La République démocratique du Congo change de braquet. Ce vendredi, le gouvernement a officiellement lancé la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Le nom résonne bien au-delà des frontières congolaises. Fille de Patrice Lumumba, figure historique de l’indépendance, elle entre dans l’arène à 70 ans. Ce choix ne doit rien au hasard. Au contraire, Kinshasa mise sur une charge symbolique forte.
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En face, la secrétaire générale sortante, Louise Mushikiwabo, brigue un troisième mandat. Kigali la soutient activement. Le duel s’annonce donc frontal.
Un duel diplomatique RDC – Rwanda
D’un côté, la diplomatie rwandaise avance avec méthode. Elle a porté Mushikiwabo à la tête de l’OIF en 2018, puis consolidé sa position en 2022. De l’autre, la RDC contre-attaque. Cette fois, elle avance un nom puissant, chargé d’histoire et de mémoire.
L’annonce intervient au lendemain d’un entretien entre Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi à l’Élysée. Le timing est stratégique. Ainsi, Kinshasa montre qu’elle entend peser dans le jeu diplomatique francophone.
Le gouvernement présente cette candidature comme une contribution au renouveau de la Francophonie. Cependant, en filigrane, le message vise clairement Kigali. Les tensions entre les deux pays dépassent le terrain sécuritaire de l’Est congolais. Désormais, elles se déplacent aussi dans les organisations internationales.
La RDC défend une Francophonie « plus moderne et plus inclusive ». Par conséquent, elle suggère qu’un changement de leadership devient nécessaire.
La France face à un choix délicat
Dans cette bataille, la France occupe une place centrale. En 2018, Paris avait soutenu l’élection de Mushikiwabo. Aujourd’hui, la posture semble plus prudente.
Lors d’une visite à Kinshasa, Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, a évoqué une ouverture à toutes les candidatures. Cette déclaration maintient l’équilibre. Toutefois, elle laisse aussi la porte ouverte à une évolution.
Le poste de secrétaire général repose sur des candidatures individuelles, non nationales. Cette nuance permet à Paris de garder une marge de manœuvre. D’ici le sommet prévu au Cambodge en novembre, les tractations vont s’intensifier.
Un affrontement de visions
Au-delà des personnes, deux visions s’opposent. D’un côté, Mushikiwabo incarne la continuité et la stabilité institutionnelle. De l’autre, Lumumba symbolise une rupture politique et mémorielle.
Ainsi, la RDC ne mise pas seulement sur un profil. Elle mobilise un héritage. Elle transforme une élection administrative en combat politique.
Le 27 février 2026 marque donc un tournant. Kinshasa investit l’héritage de son père fondateur pour conquérir l’espace francophone. La bataille diplomatique ne fait que commencer.



