Société




les femmes Congolaises unissent leurs pas contre l’oubli et la guerre

Kinshasa, 1er mars 2026 – Elles sont parties de la Place des Évolués, ce symbole de l'émancipation congolaise. Ce samedi,…

Kinshasa, 1er mars 2026 – Elles sont parties de la Place des Évolués, ce symbole de l’émancipation congolaise. Ce samedi, sous un soleil de plomb, des milliers de femmes, d’hommes et de jeunes ont emboîté le pas à la ministre du Genre, Micheline Ombae Kalama. Leur destination : le Mémorial du Génocost. Leur objectif : transformer chaque pas en un cri de solidarité vers l’Est meurtri.

Le Mois de la femme 2026 ne sera pas un mois de plus. Il commence par une marche, mais pas une marche ordinaire. « Marchons pour Elles, Marchons pour l’Est » : le slogan choisi par le ministère du Genre, Famille et Enfant est un uppercut. Il rappelle que derrière les chiffres, derrière les communiqués de l’armée, il y a des femmes. Des femmes violées, déplacées, qui élèvent seules leurs enfants dans des camps de fortune, sous la menace permanente des armes.

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Le cortège, compact et déterminé, a traversé le boulevard du 30 Juin. Des t-shirts orange, symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes, tachaient la grisaille du bitume. Des pancartes brandies haut : « Paix pour l’Est », « Stop à l’impunité », « Les femmes de l’Est ne sont pas seules ». À chaque coin de rue, des badauds se joignaient au mouvement, touchés par cette vague humaine qui avançait, calme mais résolue.

La ministre Micheline Ombae Kalama, en tête du peloton, n’a pas mâché ses mots. Pour elle, cette marche n’est pas une simple formalité d’ouverture. C’est un message politique adressé aux femmes de Goma, de Beni, de Bukavu, de tous ces territoires où l’insécurité est devenue une quotidienne.

« Nous marchons pour vous, pour que vos voix soient entendues jusqu’ici, pour que vous sachiez que la nation ne vous oublie pas », a-t-elle lancé, essoufflée par l’effort mais portée par l’émotion.

L’arrivée au Mémorial du Génocost a été le moment le plus fort. Ce lieu, dédié à la mémoire des victimes des conflits armés, a vu défiler les marcheurs dans un silence soudain, presque religieux. Ici, on ne crie plus. On se recueille. On pense à celles qui ne sont plus là, à celles qui ont survécu, à celles qui se battent encore.

Un lâcher de ballons orange a ponctué la cérémonie, montant vers le ciel de Kinshasa comme autant de messages d’espoir adressés aux provinces de l’Est. Des messages qui disent : vous n’êtes pas seules. La capitale pense à vous. Le pays pense à vous.

Ce Mois de la femme commence donc par un acte. Un acte de présence, de solidarité, de refus de l’indifférence. Tout au long du mois de mars, d’autres activités suivront, mais celle-ci restera comme le point de départ d’une prise de conscience collective.

« La paix dans l’Est, c’est l’affaire de tous les Congolais », a conclu une marcheuse, le visage ruisselant de sueur mais le sourire aux lèvres. À Kinshasa, les femmes ont marché. Et leurs pas résonnent encore, portés par le vent, jusqu’aux collines du Kivu.

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