Il y a une semaine, le capitaine Anthony Mualushayi s’est exprimé devant les médias. Sa voix est restée calme. En revanche, ses mots ont pesé lourd. Porte-parole des opérations Ngemba dans le Grand Bandundu, il a dénoncé un fait grave. Selon lui, des acteurs politiques soutiennent la milice Mobondo de manière structurée.
Il a décrit une emprise territoriale inquiétante. À Kwamouth, certains villages ont même changé de nom. Peu après cette sortie, l’armée congolaise a franchi un cap. Elle a officiellement requalifié le mouvement Mobondo en groupe rebelle.
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Aujourd’hui, le capitaine Mualushayi se trouve à Kinshasa. Sa hiérarchie l’a rappelé, selon nos informations. Officiellement, rien d’anormal. Toutefois, sur le terrain, le doute domine. Dans la communauté meurtrie du plateau de Bateke, personne n’y croit vraiment. Beaucoup parlent d’une tentative de silence.
Un rappel à Kinshasa qui dérange sur le terrain
Pour les victimes et les leaders locaux, ce retour n’a rien d’anodin. Ils y voient une pression. Certains évoquent même une volonté d’étouffer une vérité gênante. Le malaise grandit. La méfiance aussi.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Elle est venue du cœur de la zone en crise.
« Ce sont les commanditaires qu’il faut interpeller »
Le chef coutumier de Kwamouth, Stany Libie, a pris la parole. Son message est direct. « Ce sont les commanditaires des Mobondo qu’il faut interpeller, pas celui qui les dénonce », a-t-il déclaré. Sa colère reflète celle d’une population épuisée.
Il met aussi en garde. Toute tentative d’arrestation du porte-parole militaire pourrait aggraver la situation. Selon lui, les FARDC mènent de réels efforts pour mettre fin à cette rébellion. Il parle d’un mouvement « monté de toutes pièces par des politiciens ». Dans ce contexte, le rappel de Mualushayi ressemble à un coup dur.
Ce déplacement précipité relance donc un débat sensible. D’un côté, la transparence de la communication militaire. De l’autre, les pressions politiques invisibles qui pèsent sur les opérations.
Une question s’impose désormais. Qui cherche-t-on à protéger en éloignant l’officier qui a parlé ? Le silence calmera-t-il les tensions ? Ou confirmera-t-il les soupçons d’une population déjà sceptique ?
À Kwamouth comme à Kinshasa, une certitude demeure. L’histoire racontée par le capitaine Mualushayi ne fait que commencer. Elle vient de prendre un tournant décisif. Et peut-être dangereux.



