La Chine ouvre grand son marché à l’Afrique : la RDC dans le cercle des 53 élus

L'information est tombée de l'agence Xinhua, officielle et précise comme une estampe chinoise. Ce jour-là, à Pékin, les diplomates ont…

L’information est tombée de l’agence Xinhua, officielle et précise comme une estampe chinoise. Ce jour-là, à Pékin, les diplomates ont dû se frotter les yeux : la Chine venait d’élargir son régime de « tarif zéro » à 53 pays africains, contre 33 auparavant. Un bond spectaculaire, un geste d’une ampleur rare, et une nouvelle qui va faire le tour du continent.

Pour la République démocratique du Congo, partenaire historique et privilégié de l’empire du Milieu, cette annonce a la douceur d’une confirmation. Kinshasa reste dans le cercle très fermé des nations qui peuvent exporter vers la Chine sans se heurter aux droits de douane. Une aubaine pour un pays dont les sous-sols regorgent de ce dont Pékin a soif : cobalt, cuivre, lithium, or.

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Un seul exclu : le prix du choix diplomatique

Mais toute médaille a son revers. Dans ce tableau presque parfait de la coopération sino-africaine, un nom brille par son absence : Eswatini. L’ancien Swaziland, petit royaume d’Afrique australe, paie là le prix d’un choix diplomatique que Pékin n’a jamais pardonné. Seul pays africain à encore reconnaître Taïwan comme une nation souveraine, il se retrouve aujourd’hui sur le quai, regardant le train du « tarif zéro » s’éloigner sans lui.

La leçon est claire : pour Pékin, la diplomatie et le commerce ne font qu’un. Reconnaître Taïwan, c’est s’exclure soi-même des largesses économiques de la Chine continentale. Un avertissement silencieux mais terriblement efficace adressé aux rares récalcitrants de la planète.

Le contexte Trump et la recomposition mondiale

Cette générosité calculée de Pékin n’émerge pas dans un vide géopolitique. Elle intervient alors que les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont érigé des murs tarifaires un peu partout dans le monde. Les droits de douane américains, élevés et punitifs, ont poussé de nombreuses nations africaines à chercher ailleurs des débouchés pour leurs produits.

La Chine, elle, a ouvert ses bras. Stratégie gagnante.

Déjà premier partenaire commercial du continent africain, Pékin consolide sa mainmise économique avec la constance d’un joueur d’échecs qui voit plusieurs coups à l’avance. Les Nouvelles Routes de la Soie, cette toile d’infrastructures gigantesques que la Chine tisse à travers le monde, trouvent dans cette mesure un prolongement naturel : après avoir construit les ports et les routes, il faut désormais faire circuler les marchandises.

Ce que cela change pour la RDC

Pour la RDC, les implications sont immédiates et concrètes. Les relations entre Kinshasa et Pékin sont déjà parmi les plus denses du continent. Le secteur minier, poumon de l’économie congolaise, est largement orienté vers la Chine. Les géants chinois extraient le cobalt et le cuivre dans le Katanga, tandis que les entreprises de construction venues de l’empire du Milieu bitument les routes et érigent les bâtiments administratifs.

Avec le « tarif zéro » élargi, les produits congolais – minerais bien sûr, mais peut-être demain produits agricoles, bois, ou artisanat – pourront pénétrer le marché chinois sans la barrière des taxes. Une opportunité de diversification pour une économie encore trop dépendante des matières premières.

Une danse à plusieurs

Cette annonce de Xinhua ne marque pas une rupture, mais une accélération. La Chine et l’Afrique dansent ensemble depuis des décennies, et le rythme s’intensifie. Pour la RDC, pays-continent aux ressources infinies, cette mesure est à la fois une reconnaissance et une promesse.

Reste à savoir, désormais, si les exportateurs congolais sauront saisir cette chance. Si les producteurs locaux pourront répondre aux standards et aux exigences du marché chinois. Et si, dans ce grand rééquilibrage des échanges mondiaux, la RDC trouvera sa place non plus seulement comme fournisseur de matières premières, mais comme partenaire à part entière.

Le 53 pays africains concernés viennent de recevoir un cadeau diplomatique et commercial de Pékin. À eux d’en faire bon usage. Et à Eswatini, peut-être, de réfléchir à ses alliances.

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