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Kinshasa prépare la paix… mais n’exclut plus la dissuasion

La déclaration d’Adolphe Muzito résonne comme un avertissement stratégique au régime rwandais dans un contexte régional déjà explosif. Le vice-Premier…

La déclaration d’Adolphe Muzito résonne comme un avertissement stratégique au régime rwandais dans un contexte régional déjà explosif. Le vice-Premier ministre du Budget a clairement indiqué que la RDC, tout en privilégiant la voie diplomatique, ne restera pas passive face aux violences persistantes dans l’Est du pays. « Nous ne sommes pas naïfs », a-t-il affirmé, rappelant que Kinshasa a choisi la paix, mais que cette patience a des limites.

Pour Muzito, les engagements non respectés par Kigali pourraient pousser la RDC à activer ses leviers financiers et militaires. « Si les Rwandais ne veulent pas comprendre, nous nous préparons véritablement », a-t-il averti, avec un ton inhabituellement ferme pour un membre du gouvernement.

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Une dissuasion budgétaire assumée

L’originalité de sa posture réside dans l’argument budgétaire. Le pays disposerait d’un budget national de plus de 22 milliards de dollars, permettant de consacrer une enveloppe de 5 milliards pour soutenir un effort militaire sur plusieurs années, sans compromettre le fonctionnement de l’État. Cette capacité transforme l’arsenal économique en instrument de dissuasion politique, signalant à Kigali que la RDC peut concrétiser ses menaces si la paix reste un mirage.

« Nous ne dépendons plus exclusivement de l’aide extérieure », insiste Muzito, soulignant la maturité économique du pays, avec un PIB avoisinant les 110 milliards de dollars et une pression fiscale en progression.

Paix conditionnelle et souveraineté

Cependant, la préparation à la guerre ne signifie pas un rejet de la diplomatie. Muzito rappelle que la RDC reste ouverte à une coopération régionale, y compris avec le Rwanda, à condition que la souveraineté nationale soit respectée. « Nous sommes ouverts à l’exploitation des richesses du Congo par le Rwanda, mais d’une manière légale », précise-t-il.

Le vice-Premier ministre établit également un lien direct entre l’instabilité et la prédation économique, soulignant que mettre fin à la guerre ou s’y préparer sérieusement permettrait à Kinshasa de reprendre le contrôle sur ses ressources stratégiques, notamment les minéraux.

Avec cette déclaration, Kinshasa envoie un double message : la RDC reste engagée sur la voie de la paix, mais elle n’hésitera pas à transformer la patience en puissance, si ses voisins persistent à ignorer ses appels à la stabilité et au respect de la légalité régionale.

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