Kinshasa, 26 février 2026 – Dans le silence feutré de l’Hôtel de la Défense, une alliance se resserre. Ce jeudi, le Vice-Premier Ministre de la Défense nationale, Me Guy Kabombo Muadiamvita, a ouvert les portes de son cabinet à une délégation américaine emmenée par Ian McCary, chargé d’Affaires des États-Unis en RDC. À leurs côtés, le colonel Chad Brinton, attaché de Défense, apportait la technicité militaire nécessaire à des discussions qui sentent la poudre et la stratégie.
Derrière le décorum protocolaire, l’ordre du jour était clair : comment faire des FARDC une armée plus redoutable, mieux informée, mieux préparée. Les États-Unis, présentés comme « un partenaire privilégié de longue date », n’ont pas fait le voyage pour des politesses. Ils sont venus avec des propositions concrètes.
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Ian McCary, au sortir de l’audience, s’est félicité d’un « dialogue constructif ». Mais derrière cette formule diplomatique, se cache un programme dense et ambitieux. Washington propose d’intensifier la coopération militaire sur trois fronts décisifs.
D’abord, le partage de renseignements. Dans une guerre asymétrique où l’ennemi se fond dans la population et les collines, l’information est une arme plus précieuse que le blindage. Offrir aux généraux congolais les yeux et les oreilles de la technologie américaine, c’est leur donner une longueur d’avance sur des adversaires insaisissables.
Ensuite, les programmes de formation. Forger le soldat congolais, l’aguerrir, le professionnaliser. Non pas pour en faire un simple combattant, mais un élément discipliné d’une armée moderne, respectueuse des droits humains et efficace sur le terrain.
Enfin, la participation à des exercices militaires conjoints. Des manœuvres communes, dans les prochains mois, qui permettront aux troupes congolaises de se frotter à l’un des meilleurs arsenaux du monde, d’apprendre les techniques de combat, la logistique, la coordination.
Face à cette offre, Me Guy Kabombo n’a pas caché sa satisfaction. Le patron de la Défense congolaise s’est « réjoui de cette convergence de vues ». Une expression qui en dit long sur l’état d’esprit qui règne désormais entre Kinshasa et Washington : celui d’une confiance mutuelle, d’une vision partagée des menaces et des solutions.
Le ministre a réaffirmé la disponibilité de son ministère à « consolider une coopération militaire structurée et durable ». Loin des annonces en l’air, il s’agit ici de bâtir sur du solide. De transformer des promesses en programmes, et des programmes en capacités opérationnelles pour les FARDC.
Les deux parties se sont quittées sur un engagement : maintenir un « dialogue franc et étroit ». Un dialogue qui n’a qu’un but : la paix, la stabilité, et le renforcement des capacités d’une armée congolaise en première ligne face à l’agression dans l’Est.
Ce jeudi, à l’Hôtel de la Défense, un nouveau chapitre de la coopération militaro-diplomatique entre la RDC et les États-Unis s’est écrit. Discret, mais lourd de conséquences pour l’avenir de la sécurité dans la région des Grands Lacs.



