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Éducation nationale : 650 millions déjà décaissés, la RDC accélère la transformation de l’école

Ce mercredi 18 février 2026, dans une salle de réunion du ministère de l'Éducation nationale, l'ambiance était à la fois…

Ce mercredi 18 février 2026, dans une salle de réunion du ministère de l’Éducation nationale, l’ambiance était à la fois studieuse et déterminée. Autour de la table, la ministre d’État Raïssa Malu, entourée de ses homologues du Budget et du vice-ministre des Finances, a présidé la deuxième réunion du Comité de pilotage des projets structurants. Au menu : accélérer la transformation du système éducatif congolais. Et les chiffres présentés donnent le tournis.

Une réunion au sommet pour des décisions cruciales

Il était un peu plus de 10 heures lorsque la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a ouvert la séance. Face à elle, Aimé Boji, ministre d’État en charge du Budget, et Gracia Yamba Kazadi, vice-ministre des Finances. Un triangle de pilotage stratégique pour un secteur qui concentre tous les espoirs du pays.

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L’ordre du jour était clair : examiner et approuver les Plans de Travail Budgétaires Annuels (PTBA) pour l’année 2026. Trois projets majeurs étaient dans la ligne de mire. Le PERSE, d’abord. Le PAAF, ensuite. Le PEQIP, enfin. Trois acronymes qui cachent des réformes profondes, des investissements massifs, des ambitions démesurées pour l’école congolaise.

PERSE : 650 millions déjà décaissés pour la gratuité

Le Programme d’Éducation, de Renforcement et de Sauvegarde du Système Éducatif (PERSE) est sans doute le plus emblématique. Pourquoi ? Parce qu’il porte la gratuité de l’enseignement, cette réforme promise par le chef de l’État et qui a changé le quotidien de millions de familles.

Les chiffres présentés par la ministre sont éloquents : 650 millions de dollars américains ont déjà été décaissés. Cette manne financière ne tombe pas dans un trou noir. Elle soutient concrètement six réformes majeures qui touchent à la fois l’accès à l’école, la qualité de l’enseignement et la formation des enseignants.

Pour 2026, l’objectif est clair : accélérer encore. Lever les obstacles administratifs qui freinent parfois l’exécution. Maximiser l’impact de chaque dollar investi. Parce que derrière les chiffres, il y a des enfants. Des salles de classe. Des familles qui respirent mieux depuis qu’elles n’ont plus à payer pour que leurs fils et leurs filles apprennent à lire et à compter.

PAAF : 260 écoles, 4 millions de manuels, 195 000 bourses

Le Programme d’Apprentissage et d’Amélioration de la Formation (PAAF) n’est pas en reste. Là encore, les réalisations impressionnent.

Premier chiffre : 260 écoles sont désormais bénéficiaires du programme. Deux cent soixante établissements où les conditions d’apprentissage s’améliorent, où les enseignants sont mieux formés, où les élèves trouvent un cadre plus propice à leur épanouissement.

Deuxième chiffre, peut-être le plus parlant : plus de 4 millions de manuels scolaires ont été distribués. Quatre millions. Derrière ce nombre, il y a des milliers de gestes : un enfant qui ouvre pour la première fois un livre de maths, une fillette qui découvre la lecture, un enseignant qui peut enfin s’appuyer sur des supports de qualité.

Troisième chiffre, et non des moindres : l’extension des bourses scolaires. Aujourd’hui, près de 195 000 filles bénéficient de ce dispositif. Une avancée majeure pour l’éducation des jeunes Congolaises, pour leur autonomisation, pour l’égalité des chances. Parce qu’envoyer une fille à l’école, c’est investir dans toute une communauté.

PEQIP : la qualité au cœur des préoccupations

Le Programme d’Éducation de Qualité et d’Innovation Pédagogique (PEQIP) complète ce triptyque. Lui, il ne parle pas seulement de chiffres, mais de contenu. De méthodes. De formation.

Son objectif est simple en apparence, complexe dans sa mise en œuvre : renforcer la qualité de l’enseignement et la formation des enseignants. Parce qu’à quoi bon avoir des écoles si les maîtres ne sont pas préparés ? À quoi bon des manuels si les méthodes pédagogiques restent archaïques ?

Le PEQIP travaille sur le fond. Sur ce qui fait la différence entre une école qui forme et une école qui trie. Sur ce qui permettra aux enfants congolais d’acquérir non seulement des connaissances, mais aussi des compétences. De quoi affronter le monde de demain, de quoi construire leur pays.

2026 : l’année de l’accélération

La réunion de ce 18 février n’avait pas pour seul objet de faire un bilan. Elle devait surtout préparer l’avenir. L’année 2026, justement, est présentée comme un tournant.

L’objectif affiché par la ministre d’État est triple. D’abord, accélérer l’exécution des projets. Les rythmes administratifs, les lenteurs budgétaires, les procédures complexes : tout cela doit être fluidifié. Ensuite, lever les obstacles. Ceux qui freinent, qui retardent, qui découragent. Enfin, maximiser l’impact des investissements. Chaque franc congolais, chaque dollar décaissé doit produire un effet visible sur le terrain.

Raïssa Malu l’a rappelé avec force : il ne s’agit pas seulement de dépenser de l’argent. Il s’agit de transformer le système éducatif. De le rendre plus performant. Plus équitable. Plus moderne.

Une synergie interministérielle exemplaire

Autre enseignement de cette réunion : la collaboration entre les différents départements ministériels fonctionne. Aimé Boji, à la tête du Budget, et Gracia Yamba Kazadi, aux Finances, n’étaient pas là pour faire de la figuration.

Leur présence montre que le gouvernement aborde la question éducative de manière globale. Pas question de décider des dépenses sans s’assurer qu’elles sont budgétisées. Pas question de lancer des réformes sans vérifier que les financements suivent.

Cette synergie, les participants l’ont soulignée, est une condition essentielle de la réussite. Dans un pays où les besoins sont immenses et les ressources limitées, chaque dollar doit être optimisé. Chaque projet doit être coordonné avec les autres.

Des défis qui restent immenses

Pour autant, personne ne crie victoire trop tôt. Les défis qui attendent le système éducatif congolais restent immenses. Des millions d’enfants sont encore hors de l’école. La qualité de l’enseignement, malgré les progrès, reste inégale. Les infrastructures, dans de nombreuses régions, sont délabrées.

Les 650 millions du PERSE, les 260 écoles du PAAF, les 4 millions de manuels distribués : tout cela est considérable. Mais comparé à l’ampleur des besoins, c’est encore insuffisant.

La ministre d’État en est consciente. Ses partenaires aussi. C’est pourquoi cette réunion de pilotage n’est pas un aboutissement, mais une étape. Une étape essentielle, certes, mais une étape seulement.

Le cap est fixé

Au sortir de cette réunion, les participants se sont quittés avec un sentiment partagé. De la satisfaction, pour le travail accompli. De l’ambition, pour celui qui reste à faire.

Les PTBA 2026 sont approuvés. Les objectifs sont fixés. Les équipes sont mobilisées. Reste à exécuter, à suivre, à évaluer. Reste à transformer ces plans en réalité concrète dans les salles de classe.

Pour Raïssa Malu, pour Aimé Boji, pour Gracia Yamba Kazadi et pour tous ceux qui œuvrent à l’éducation nationale, le message est clair : il faut accélérer. Parce que chaque jour qui passe, des enfants attendent. Chaque jour qui passe, des enseignants se démènent avec des moyens limités. Chaque jour qui passe, l’avenir du pays se joue sur les bancs de l’école.

Le 18 février 2026 restera comme le jour où le cap a été fixé. Reste maintenant à tenir le gouvernail, coûte que coûte.

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