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Crise RDC-Rwanda : sommet crucial des médiateurs à Lomé

Ce samedi, la capitale togolaise se transforme en salle de crise continentale. Autour d’une même table, sous l’égide discrète mais…

Ce samedi, la capitale togolaise se transforme en salle de crise continentale. Autour d’une même table, sous l’égide discrète mais déterminée du président Faure Gnassingbé, vont se rencontrer les architectes éparpillés d’une paix qui n’arrive pas à naître. Lomé accueille une réunion de haut niveau sur la crise entre la RDC et le Rwanda, un sommet dans l’ombre qui pourrait être le dernier rempart avant un nouvel embrasement.

Le casting est sans précédent. Cinq anciens chefs d’État africains – Obasanjo, Kenyatta, Masisi, Samba-Panza, Zewde – devront rendre des comptes. Leur mission, confiée en mars dernier, est dans l’impasse. Face à eux, les médiateurs poids lourds du Qatar et des États-Unis, ainsi que les délégations de Kinshasa et Kigali. L’objectif est simple en apparence, immense dans les faits : coordonner enfin des efforts diplomatiques jusqu’ici parallèles, parfois contradictoires, et qui n’ont pas réussi à arrêter les armes.

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Le constat d’un échec

Le décor a été planté plus tôt dans la semaine. Le président congolais Félix Tshisekedi était en visite « d’amitié et de travail » à Lomé. Avec son homologue togolais, médiateur désigné par l’Union africaine, il a dressé un constat amer : malgré un an de pourparlers, de rencontres à Washington et à Doha, la désescalade sur le terrain est un mirage. Les violences persistent, les groupes armés progressent, et la confiance entre Kinshasa et Kigali est au plus bas.

« Il faut rendre plus lisibles les différentes pistes diplomatiques », ont insisté les deux présidents. En clair, mettre de l’ordre dans ce qui ressemble à une tour de Babel. Car chaque acteur – Américains, Qataris, Africains de l’Est, Africains du Sud – avance avec son propre script, tandis que la population du Kivu, elle, ne voit arriver que le bruit des combats.

La pression du compte à rebours

Pour Faure Gnassingbé, l’enjeu est aussi personnel. Il doit présenter un rapport au prochain sommet de l’Union africaine. Un rapport qui, pour l’instant, ne pourrait qu’acter l’échec relatif des facilitations. Ce samedi, il attend des anciens présidents des propositions urgentes, concrètes, applicables immédiatement. Des mesures de dernier recours pour désamorcer une bombe à retardement humanitaire et sécuritaire.

La réunion de Lomé n’est donc pas une énième causerie diplomatique. C’est une tentative d’ultime cohérence. Une course contre la montre pour éviter que les processus de paix ne meurent d’avoir été trop nombreux, et pour empêcher que la région des Grands Lacs ne sombre un peu plus dans le chaos.

L’espoir, ténu, repose sur cette rare confluence de volontés autour d’une même table à Lomé. Mais l’histoire récente enseigne une dure leçon : dans l’Est congolais, les routes de la paix sont souvent des chemins qui ne mènent nulle part. Samedi, à Lomé, on tentera d’en tracer une nouvelle, avant qu’il ne soit trop tard.

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