Politique




Crise en RDC : le retour calculé de l’Angola dans le jeu diplomatique

Après avoir claqué la porte de la médiation en mars 2025, l’Angola revient aujourd’hui dans la crise congolaise. Ce retour,…

Après avoir claqué la porte de la médiation en mars 2025, l’Angola revient aujourd’hui dans la crise congolaise. Ce retour, à la fois discret et stratégique, suscite des interrogations. Pourquoi maintenant ? Avec quelles intentions ?

Depuis le début de l’année 2026, le président João Lourenço a repris langue avec Kinshasa. Deux rencontres avec le président congolais ont eu lieu. Des propositions sécuritaires ont été mises sur la table, mais aucune décision immédiate n’a été prise. Le message est clair : Luanda avance prudemment, consciente de la complexité d’un conflit où les initiatives se superposent sans toujours produire d’effets sur le terrain.

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Une médiation qui s’élargit

La médiation angolaise ne se limite plus aux canaux officiels. En recevant discrètement l’ancien président Joseph Kabila et son entourage, l’Angola rouvre une porte longtemps verrouillée. Celle d’un dialogue politique plus large, où la question sensible de la condamnation à mort de l’ex-chef de l’État reste un obstacle majeur à toute réconciliation nationale. C’est un signal fort, dans un contexte où les lignes internes congolaises demeurent profondément fracturées.

Plus surprenant encore, Luanda a également engagé des contacts avec l’AFC/M23. Une démarche risquée mais révélatrice : aucune solution durable ne semble possible sans inclure les acteurs armés qui contrôlent une partie du territoire. La lettre adressée par Corneille Nangaa au président angolais illustre cette ambiguïté. Le M23 veut savoir : nouveau processus ou simple ajustement ? Et surtout, quelle place pour Doha dans ce jeu diplomatique déjà saturé ?

Diplomatie tous azimuts et urgence sur le terrain

Parallèlement, l’Angola consulte les Églises congolaises, acteurs moraux et sociaux incontournables. Elle rassure également le Qatar, dont le processus peine à s’imposer sur le terrain. Cette diplomatie tous azimuts traduit une ambition claire : reprendre une position centrale dans la médiation régionale, sans entrer en concurrence frontale avec Washington ou Doha.

Mais le temps presse. À l’est de la RDC, les armes parlent plus fort que les communiqués. Malgré les accords et les cessez-le-feu proclamés, les violences continuent, nourries par des décennies d’instabilité et par l’échec répété des solutions partielles.

Le retour de l’Angola pose une question essentielle : assiste-t-on à une véritable relance diplomatique ou à une énième tentative de repositionnement régional ? Dans une crise où les processus se multiplient mais se neutralisent, seule une médiation capable d’articuler sécurité, politique et souveraineté pourra espérer rompre le cycle de l’échec.

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