Bunia, 27 février 2026 – À peine l’avion a-t-il touché le sol de l’aéroport de Bunia que le ronronnement des engins de chantier se fait déjà entendre. Une symphonie de travaux qui, pour une fois, n’annonce pas des retards, mais une renaissance. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Boji, n’a pas attendu. Il a sauté du tarmac directement sur le chantier. Comme un chef de chantier venu vérifier que tout est en ordre. Et tout l’est, ou presque.
Le constat est là, sous ses yeux, sous le soleil de l’Ituri : la piste d’atterrissage, ce ruban de bitume qui relie Bunia au reste du monde, est désormais presque entièrement achevée. Les engins s’affairent encore, mais le gros œuvre est fait. Le revêtement, le nivellement, les finitions : tout porte la marque d’un « rythme d’exécution soutenu ». Les responsables techniques, fiers, détaillent les étapes : le renforcement de la structure, le drainage repensé, la sécurité aux normes.
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Ce n’est pas qu’une piste. C’est une artère vitale pour une province trop longtemps asphyxiée par l’insécurité et l’enclavement. L’objectif affiché est clair : faire de l’aéroport de Bunia une infrastructure moderne, capable d’accueillir des avions de plus grande capacité, d’assurer des liaisons régulières et, surtout, sécurisées.
Aimé Boji ne cache pas sa satisfaction. L’homme, connu pour sa rigueur budgétaire, se mue en promoteur du développement local. Il salue « le travail remarquable accompli dans un délai maîtrisé ». Une phrase qui, dans un pays où les chantiers traînent souvent en longueur, a valeur d’exploit.
Pour le président de l’Assemblée nationale, cet aéroport n’est pas un simple équipement. C’est un « levier stratégique ». Il le répète, comme pour s’en persuader : cette piste va renforcer la connectivité entre Bunia et les grandes villes du pays. Elle va faciliter les échanges commerciaux, encourager les investissements, et surtout, « soutenir les efforts de stabilisation et de développement local ».
Car en Ituri, la modernisation ne se résume pas au confort. Elle est une arme contre la précarité. Une piste en bon état, c’est la possibilité pour les opérateurs économiques d’importer et d’exporter plus vite, à moindre coût. C’est la promesse d’une baisse des prix des denrées, d’une meilleure circulation des biens et des personnes.
Les commerçants de Bunia, ceux qui trimballent leurs marchandises sur des routes souvent impraticables, retiennent leur souffle. Ils espèrent que la finalisation des travaux entraînera une augmentation du trafic aérien, et avec elle, une bouffée d’oxygène pour leurs affaires. Moins de logistique, plus de fluidité : la recette d’un redécollage économique.
La visite d’Aimé Boji n’est pas anodine. Elle est le sceau politique apposé sur un projet structurant. Elle dit à la population de l’Ituri, confrontée aux violences des groupes armés et aux difficultés du quotidien, que l’État pense à eux, que l’État construit pour eux.
Ce vendredi, à Bunia, le bruit des engins de chantier a couvert celui des armes. Et pour une fois, c’est une musique d’espoir qui a résonné sur le tarmac. L’aéroport de Bunia est en train de devenir une porte ouverte sur l’avenir.



