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Rome: la coalition C64 réclame un dialogue inclusif et la libération de Prince Epenge

La coalition Article 64 (C64), qui rassemble cinq figures de l’opposition congolaise, appelle à un dialogue national inclusif pour sortir…

La coalition Article 64 (C64), qui rassemble cinq figures de l’opposition congolaise, appelle à un dialogue national inclusif pour sortir la République démocratique du Congo (RDC) de ses crises politique, sécuritaire et humanitaire. À l’issue de son premier conclave, clôturé le mardi 27 octobre 2026 à Rome, en Italie, la plateforme a annoncé son intention de rencontrer séparément le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila afin de rechercher une solution négociée à la crise.

Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo Mapon, Moïse Katumbi et Jean-Marc Kabund souhaitent convenir des conditions d’un dialogue accepté par les différentes parties. La coalition n’a toutefois communiqué ni calendrier ni modalités pour ces rencontres et n’a annoncé aucun accord des deux personnalités pour les recevoir.

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La C64 plaide pour une solution politique à la crise

Dans sa déclaration finale, lue par Delly Sesanga, la coalition estime qu’il n’existe pas d’issue militaire à la crise congolaise. Elle appelle à un dialogue national inclusif réunissant les parties concernées, y compris les groupes armés, avec pour objectifs la cessation des hostilités, la réunification du territoire national et le renforcement de la cohésion nationale.

La C64 entend également mener un plaidoyer auprès des partenaires de la RDC afin de favoriser une solution négociée. Elle demande que les objectifs, la composition, la facilitation et le suivi du dialogue soient définis de manière concertée.

La plateforme soutient par ailleurs la relance de la facilitation africaine conduite par l’Angola et le Togo, avec la médiation des Églises catholique et protestante.

Référendum et article 220 : l’opposition réaffirme ses lignes rouges

Le conclave de Rome intervient après l’adoption, le 23 octobre 2026, par l’Assemblée nationale, du texte fixant les conditions d’organisation du référendum, à l’issue d’une nouvelle délibération.

La C64 estime que cette loi ne peut servir à contourner les dispositions de l’article 220 de la Constitution, notamment celles relatives au nombre et à la durée des mandats présidentiels.

« Une Constitution n’a pas à être aimée ni désirée. Elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée », affirme la déclaration.

La coalition rejette tout changement de Constitution visant, selon elle, à permettre un troisième mandat présidentiel ou à reporter les élections prévues en 2028. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « projet de coup d’État constitutionnel » et affirme que la majorité parlementaire reste soumise aux dispositions de la loi fondamentale.

Se réclamant de l’article 64 de la Constitution, dont elle tire son nom, la C64 dit appliquer la même exigence au pouvoir en place et aux mouvements armés. Elle condamne à la fois toute tentative de maintien au pouvoir en dehors du cadre constitutionnel et le recours aux armes pour conquérir le pouvoir. Sa déclaration ne désigne toutefois pas nommément Joseph Kabila lorsqu’elle condamne la prise du pouvoir par les armes.

Doha : la coalition demande des résultats vérifiables

Sur le plan sécuritaire, la C64 plaide pour une meilleure coordination entre le processus de Doha et le dialogue national inclusif. Elle souhaite que les questions de gouvernance prévues dans les six protocoles additionnels du processus de Doha soient intégrées aux discussions.

La coalition réclame des résultats vérifiables, notamment le respect du cessez-le-feu, la mise en place d’un mécanisme crédible de contrôle, la protection des civils et la facilitation de l’accès humanitaire.

Elle demande également l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui porte notamment sur le retrait des troupes étrangères du territoire congolais.

Pour la plateforme, ces engagements doivent contribuer à la désescalade militaire et à une réponse aux conséquences humanitaires du conflit.

La C64 réclame la libération de plusieurs opposants

La coalition appelle à une décrispation politique et demande la fin des arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires, des intimidations et des entraves à l’activité politique pacifique. Elle réclame également le retour des exilés et la fin des procédures judiciaires qu’elle considère comme politiquement motivées.

Dans sa déclaration, elle exige notamment la libération de Prince Epenge, Marley Vuvu et Stéphane Chisso, qu’elle présente comme des personnes détenues arbitrairement en raison de leurs opinions ou de leur engagement civique.

La C64 demande par ailleurs la dissolution de la Force du progrès, qu’elle qualifie de milice du parti au pouvoir, en invoquant l’article 190 de la Constitution relatif à l’interdiction des milices privées. Cette qualification relève de la position exprimée par la coalition.

Enfin, elle réclame une enquête indépendante et crédible, notamment internationale, sur les violations qu’elle dénonce lors des manifestations des 12 juin et 15 septembre 2026, ainsi que sur la mort de Manassé Lomboto, qu’elle qualifie d’assassinat.

À Rome, la C64 a ainsi réaffirmé son double objectif : défendre le respect de l’ordre constitutionnel et favoriser une issue négociée à la crise congolaise. La concrétisation de son initiative dépendra notamment de la possibilité d’engager des discussions avec les acteurs concernés et de faire converger les différents processus de dialogue.

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