Le rêve a un prix, et il est exorbitant. Alors que la RDC envisage d’accueillir une future Coupe d’Afrique des Nations, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a posé des conditions strictes. Devant les médias, il a tracé une ligne claire : pour décrocher la CAN, le pays devra présenter des infrastructures de classe mondiale.
« Les chefs d’État m’appellent, mais la décision revient à la CAF, pas à moi », a-t-il rappelé samedi dernier au Maroc. Aucun passe-droit politique ne sera accordé. La CAF évaluera uniquement la capacité réelle du pays à organiser l’événement.
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Le défi des chantiers pharaoniques
Patrice Motsepe a identifié le principal obstacle : « La qualité des infrastructures doit répondre aux standards mondiaux. » Concrètement, la RDC devra lancer des chantiers titanesques.
Il ne s’agira pas seulement de construire six ou huit stades avec des pelouses impeccables. Il faudra aussi moderniser l’ensemble de l’écosystème : hôtels, routes, aéroports, et réseaux de télécommunications. Le ministre des Sports, Didier Budimbu, l’a reconnu : « On ne construit pas des stades en 24 heures. »
Pour Motsepe, cet investissement n’est pas une punition mais une opportunité. Organiser la CAN pourrait moderniser en profondeur les infrastructures sportives et de transport du pays, laissant un héritage durable.
Le football comme pont diplomatique
Dans un autre registre, Patrice Motsepe a lancé un message de paix. Il a appelé à une collaboration entre les fédérations de football de la RDC et du Rwanda, malgré les tensions actuelles entre les deux pays.
« Ce serait formidable de voir les présidents de leurs fédérations travailler ensemble », a-t-il déclaré. Il a salué l’exemple des supporters algériens et marocains, unis par le sport. Pour Motsepe, le football peut devenir un pont pour apaiser les rancunes.
Dans un contexte diplomatique fragile, sa proposition offre un moyen concret de renouer le dialogue. Sur le plan sportif, la RDC doit construire et moderniser. Sur le plan diplomatique, le football devient un langage universel pour favoriser la paix. Deux défis immenses, qui nécessiteront bien plus que de simples appels téléphoniques.



