Dans une salle de conférence aux rideaux tirés, à quelques centaines de kilomètres des foyers de tension de l’Est du pays, un dialogue crucial s’est ouvert ce mardi 13 janvier. Des hommes en uniforme et en costume ont lancé la 14e session de la Commission permanente mixte Défense et Sécurité entre la RDC et la Zambie, à Lubumbashi.
Cette rencontre porte le poids d’un contexte régional lourd et urgent. En effet, la stabilité de la frontière commune est mise à rude épreuve par des menaces persistantes. Dans ce cadre, l’enjeu dépasse la simple coopération protocolaire.
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Une frontière commune sous pression sécuritaire
Pendant quatre jours, du 13 au 16 janvier 2026, experts et ministres des deux pays voisins vont tenter de renforcer un filet sécuritaire fragile. Leur objectif est clair : sécuriser une frontière longue et stratégique. Celle-ci n’est pas qu’une ligne sur une carte. Elle est aussi un corridor vital. Toutefois, elle demeure une zone de vulnérabilité.
Dès l’ouverture, le ton a été donné par le général Jean Baelongandi Iteku, chef de la délégation congolaise. Face à ses homologues zambiens, il n’a pas esquivé la réalité. Selon lui, la session se tient dans un « contexte sécuritaire préoccupant ». Il a également évoqué « l’agression » que subit la RDC dans sa partie orientale.
Ainsi, l’objectif affiché est sans ambiguïté : transformer une frontière partagée en un rempart commun.
Une coopération structurée entre experts et ministres
La mécanique de cette commission est bien huilée. D’abord, les travaux techniques sont menés par des experts. Ceux-ci sont co-pilotés par le général Iteku pour la RDC et Makambo Haamaundu, secrétaire permanent à la Défense pour la Zambie. Leur mission consiste à analyser les menaces, identifier les failles et proposer des réponses concrètes.
Ensuite, jeudi 15 janvier, le relais sera pris au niveau ministériel. Autour de la table siégeront le Vice-Premier ministre congolais de l’Intérieur et de la Sécurité, Shabani Lukoo Bihango Jacquemain, ainsi que le ministre zambien de la Défense, Ambrose Lwijii Lufuma. Leur rôle sera décisif. Ils devront traduire les recommandations techniques en engagements politiques forts.
À l’issue des travaux, un communiqué conjoint viendra sceller ces engagements.
Trois piliers pour une sécurité partagée
Les discussions s’articulent autour de trois sous-commissions clés. D’abord, la Sécurité publique, pilier de la lutte contre la criminalité transfrontalière. Ensuite, la Défense, garante de la souveraineté et de la réponse aux agressions. Enfin, la Sécurité de l’État, rempart contre les menaces visant les institutions.
Par ailleurs, dans les couloirs, plusieurs pistes sont évoquées. Il s’agit notamment du renforcement des patrouilles mixtes, de l’échange de renseignements en temps réel et de mécanismes de réponse coordonnée. Car dans cette région, les crises ignorent les frontières administratives.
Pendant que la diplomatie s’active à Lomé et à Abu Dhabi sur les dossiers climatiques et régionaux, la rencontre de Lubumbashi agit dans l’ombre. Pourtant, son impact est immédiat. C’est ici, dans le concret des protocoles et des résolutions, que se joue la stabilité quotidienne.
Reste une question centrale : cette 14e session restera-t-elle un simple exercice technique ? Ou marquera-t-elle le tournant décisif vers une alliance sécuritaire plus solide ? La réponse dépendra, avant tout, de la fermeté des résolutions adoptées et de la volonté de les appliquer sur le terrain.



