Société




OCC : Christelle Muabilu dévoile son plan de guerre pour sauver l’office de la déliquescence

Kinshasa, 6 mars 2026 – Elle n'a pas perdu de temps. À peine installée dans son bureau, Christelle Muabilu, nouvelle…

Kinshasa, 6 mars 2026 – Elle n’a pas perdu de temps. À peine installée dans son bureau, Christelle Muabilu, nouvelle Directrice générale intérimaire de l’Office congolais de contrôle (OCC), a convoqué les troupes. Ce jeudi 5 mars, cadres des directions centrales et provinciales, chefs d’agences et délégués syndicaux ont répondu présents à l’invitation. L’ordre du jour ? Poser les bases d’un « redressement » tant attendu.

Dans une maison qui, ces dernières années, a souffert de maux chroniques – gestion opaque, recettes en berne, discipline administrative en berne – l’arrivée d’une nouvelle patronne est toujours un moment de tension. Mais Christelle Muabilu a choisi la clarté. D’emblée, elle a planté le décor : il s’agit, ensemble, de « bâtir un avenir meilleur de l’OCC ». Et pour cela, pas de place pour l’improvisation. Elle a exigé lucidité, discipline, professionnalisme et un « sens élevé de responsabilité ».

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Un diagnostic sans complaisance

La nouvelle directrice n’est pas venue avec des fleurs, mais avec une liste de chantiers prioritaires. Le constat est sévère : il faut renforcer la gouvernance, assainir la gestion financière, sécuriser les recettes, optimiser l’exploitation des services techniques, restaurer la discipline administrative et relancer la performance opérationnelle. Autant de défis qui, s’ils ne sont pas relevés, condamnent l’office à une lente agonie.

Cinq piliers pour une refondation

Pour concrétiser cette vision, Christelle Muabilu a dévoilé cinq piliers qui guideront son action :

  1. Le respect strict des textes légaux et réglementaires. Fin de l’arbitraire, place à l’État de droit interne.

  2. La sécurisation totale des recettes. Chaque franc dû à l’office doit rentrer, et rien ne doit fuiter.

  3. Le rétablissement de la discipline administrative. Les « initiatives parallèles non autorisées », ces petites combines qui minent l’institution, sont désormais interdites.

  4. La responsabilisation individuelle des agents. Chacun devra répondre de ses actes et de ses résultats.

  5. La rationalisation de l’exploitation. Faire mieux avec ce qu’on a, sans gaspillage.

Des mesures immédiates et concrètes

Dans l’urgence, la DG intérimaire a fixé des objectifs précis : assainir la gestion financière, stabiliser progressivement la paie pour revenir aux dates conventionnelles, et établir un état réel des effectifs, des charges et du niveau d’exploitation dans toutes les provinces. Pas de cache-misère, on veut voir la vérité en face.

La main tendue aux syndicats

Consciente que rien ne se fera sans les hommes et les femmes qui font tourner la machine, Christelle Muabilu a appelé la délégation syndicale à privilégier un esprit de collaboration. Elle veut fédérer, rassembler, emmener tout le monde vers la relance. « Ma mission s’inscrit dans l’intérêt général des travailleurs, car sans eux l’OCC n’existerait pas », a-t-elle déclaré, promettant une gestion « exigeante, équitable et engagée ».

Un hommage au président

Avant de conclure, la nouvelle patronne a tenu à saluer le président Félix Tshisekedi, pour la confiance qu’il accorde à la femme et à la jeunesse, dont elle se réclame. Une manière de rappeler que sa nomination s’inscrit dans une vision politique plus large, celle d’un renouvellement des cadres et d’une féminisation des responsabilités.

L’OCC entre dans une nouvelle ère. Reste à savoir si les paroles se transformeront en actes, et si la machine, grippée depuis trop longtemps, acceptera de redémarrer.

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