Le gouvernement congolais a annoncé, ce lundi, le lancement d’un plan d’urgence pour restaurer l’autorité de l’État à Uvira, dans le Sud-Kivu. Cette annonce fait suite au retrait des forces rwandaises et du groupe M23 de cette ville stratégique, un départ que Kinshasa qualifie de manœuvre calculée et non d’un geste de paix.
Selon le communiqué officiel, ce retrait a été précédé de pillages systématiques, d’un « désordre prémédité » et de « pratiques de stigmatisation communautaire » ayant profondément déstabilisé la cohésion sociale locale. Pour les autorités congolaises, loin d’être une avancée, cette situation nécessite une intervention immédiate et multidimensionnelle pour panser les plaies laissées par l’occupation.
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Un plan en trois axes : sécurité, justice, humanitaire
Le plan gouvernemental combine des mesures de sécurité, de justice et d’aide humanitaire. Les Forces armées de la RDC (FARDC) et la Police nationale (PNC) sont en train de réinvestir la ville « de manière progressive et ordonnée » avec pour mandat de rétablir l’ordre, protéger les civils et sécuriser les biens.
Parallèlement, le gouvernement dénonce une autre conséquence tragique de l’occupation : la déportation de civils, notamment des membres de la communauté banyamulenge. Kinshasa accuse les forces rwandaises et le M23 d’avoir contraint des populations à fuir, dans le but, selon lui, de les « instrumentaliser » comme prétexte pour justifier leur présence sur le sol congolais.
Un retrait « inacceptable » sans évacuation totale
Le ton du gouvernement est sans équivoque : la situation à Uvira ne signifie ni la fin de l’agression, ni une amélioration de la sécurité. Kinshasa réaffirme que la seule issue acceptable est le « retrait total, effectif et sans condition » de toutes les forces rwandaises et de leurs supplétifs de l’ensemble du territoire national. Cette exigence se base sur la résolution 2773 de l’ONU et les accords de Washington et de Doha.
L’exécutif appelle également la population au calme et à la responsabilité, tout en mettant en garde contre la désinformation et les discours de stigmatisation qui pourraient attiser les tensions communautaires.
Ce plan pour Uvira marque une phase critique : celle de la réparation après la bataille. Il teste la capacité de l’État à revenir, non seulement avec des soldats, mais aussi avec des services, de la justice et une vision pour restaurer la confiance dans une ville qui a payé un lourd tribut à la guerre.



