Kinshasa, 9 mars 2026 – Le compte à rebours est lancé. Dans un peu plus d’un mois, le 11 avril, la Fédération congolaise de football association (Fécofa) devrait enfin élire son nouveau président. Un scrutin attendu comme le messie après des années de gestion sous tutelle. Mais à l’approche de l’échéance, une seule candidature officielle a été déclarée : celle d’Aziz Makukula. Pourtant, dans les coulisses, un autre nom circule avec insistance. Et pas n’importe lequel : Veron Mosengo Omba, l’actuel secrétaire général de la Confédération Africaine de Football (CAF).
L’homme est loin d’être un inconnu. Secrétaire général de la CAF, il est l’un des cadres les plus influents du football continental. Mais selon plusieurs sources concordantes, son avenir au sein de l’instance panafricaine serait compromis. Une enquête interne l’aurait visé, et il devrait bientôt quitter son poste. D’où ce revirement stratégique vers la Fécofa.
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Le « sésame » présidentiel ?
Toujours selon nos sources, Veron Mosengo Omba aurait reçu des assurances de très haut niveau. Des personnalités de premier plan à travers le pays, et même « de la présidence », lui auraient donné le feu vert pour candidater. Un appui politique de poids qui, s’il se confirme, changerait radicalement la donne.
L’épineuse question de la nationalité
Mais le dossier Mosengo Omba comporte une zone d’ombre majeure : sa nationalité. Le poste de président de la Fécofa est statutairement réservé aux seuls Congolais. Or, Veron Mosengo Omba possède également la nationalité suisse. Selon nos informations, l’intéressé aurait récemment renoncé à cette dernière pour se conformer aux règles. C’est en tout cas ce qu’il devra prouver lors du dépôt de son dossier à la Commission électorale.
Cette version est toutefois contestée par un ancien dirigeant du football congolais, qui affirme sous le couvert de l’anonymat : « Sa pension de retraite est encore payée par la Suisse. On ne renonce pas à une nationalité comme ça du jour au lendemain. » Un argument de poids qui jette le doute sur la faisabilité juridique de sa candidature.
Un processus électoral sous haute tension
Ce feuilleton électoral n’est pas nouveau. Le processus avait déjà été avorté en novembre 2023, suite à des plaintes et contestations de certaines ligues. La CAF avait alors décidé de tout surseoir pour y voir plus clair, ce qui avait conduit à la nomination d’un second Comité de normalisation (Conor), dirigé aujourd’hui par Belinda Lutandila.
La FIFA avait initialement mis en place ce comité le 24 avril 2023 pour une durée de sept mois. Mais les prolongations se sont succédé, repoussant sans cesse l’échéance électorale. La mission principale de ce Conor : gérer les affaires courantes et, surtout, veiller au bon déroulement du processus électoral jusqu’à l’élection du nouveau comité exécutif.
Les Ligues nationales, autre casse-tête
Pour ajouter à la complexité, les élections aux Ligues nationales, initialement prévues en mars, viennent d’être repoussées à avril. Un nouveau contretemps qui alimente les spéculations sur une éventuelle nouvelle prolongation du calendrier.
Aziz Makukula, l’outsider
En attendant, Aziz Makukula reste, pour l’instant, le seul candidat officiel en lice. Un statut qui pourrait lui permettre de capitaliser sur l’incertitude entourant la candidature Mosengo Omba. Mais dans le football congolais, les jeux ne sont jamais faits avant le coup de sifflet final.
À un mois du scrutin, le feuilleton électoral de la Fécofa promet encore bien des rebondissements. Veron Mosengo Omba parviendra-t-il à prouver sa « congolité » ? Le feu vert présidentiel suffira-t-il à balayer les obstacles ? Réponse dans les prochaines semaines.



