Le ministère de la Justice et Garde des Sceaux a annoncé la suspension provisoire de l’admission de tout nouveau détenu à la prison centrale de Makala, à Kinshasa. Dans son communiqué daté du 21 octobre 2026, l’autorité compétente ne prévoit d’exception que sur dérogation dûment justifiée.
Pour le ministère de tutelle, cette décision se justifie par une situation devenue intenable. L’établissement, conçu à l’origine pour héberger 1 500 personnes, en détient aujourd’hui 16 155. Un chiffre vertigineux qui dépasse plus de dix fois sa capacité.
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Parmi cette population carcérale, l’on dénombre 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi, des catégories particulièrement vulnérables dans un environnement surpeuplé.
Une mesure conservatoire
Le ministère précise que cette suspension est exceptionnelle, conservatoire et provisoire. Elle répond à un triple impératif, notamment sécuritaire, sanitaire et humanitaire. L’exécutif entend enrayer la dégradation continue des conditions de détention et de préserver à la fois la sécurité du site et la dignité humaine des personnes privées de liberté.
« Par cette décision, l’État réaffirme sa responsabilité en matière d’administration pénitentiaire et de protection des personnes détenues, conformément à la loi n°23/028 du 15 juin 2023 déterminant les principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire », souligne le document.
Au-delà de Makala, cette annonce met en lumière un mal profond du système judiciaire congolais. La surpopulation n’est pas un fait nouveau, mais elle a atteint un seuil critique. Elle est le résultat direct de la lenteur des procédures, du recours massif à la détention préventive et du manque d’infrastructures carcérales adaptées.
Avec cette suspension, le Gouvernement dit vouloir accélérer son programme de désengorgement des prisons, améliorer les conditions de vie en détention et garantir le respect des droits fondamentaux.
La question reste désormais entière : où iront les nouveaux prévenus de Kinshasa durant cette suspension ? À première vue, la réponse passerait nécessairement par le transfèrement vers d’autres établissements, la promotion des peines alternatives et l’accélération des procès.
Toutefois, la primaire de toutes les décisions y afférentes revient au Gouvernement congolais.



