Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a reçu, jeudi 1er octobre à Kinshasa, une délégation d’Amnesty International conduite par sa Directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Est et australe, Flavia M. Mwangovya.
Les deux parties ont échangé sur la documentation des exactions massives dans l’Est de la RDC, la justice transitionnelle et les réparations dues aux survivants. Une rencontre qui intervient alors que les violences persistent dans plusieurs zones minières sous occupation.
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Pour Guillaume Ngefa, le message est clair. « La lutte contre l’impunité fait partie des priorités du Gouvernement », a-t-il affirmé. Le ministre a salué le travail d’investigation mené par l’ONG et a garanti la facilitation des missions des défenseurs des droits humains, dans le strict respect du cadre légal congolais.
Des crimes documentés dans les zones AFC/M23
Selon Amnesty International, ses enquêteurs ont recensé des exécutions, des actes de torture, des cas de recrutement forcé et une exploitation illégale des minerais dans des sites contrôlés par l’AFC/M23. Des faits qui pourraient constituer des crimes graves au regard du droit international.
Pour sa part, le patron de la Justice congolaise a estimé que ces éléments documentés pourront alimenter les dossiers judiciaires ouverts sur les atrocités commises dans l’Est. En effet, il a réaffirmé la détermination de l’exécutif à poursuivre tous les auteurs présumés, quelle que soit leur nationalité ou leur affiliation.
La réunion a également abordé les accusations visant certains groupes Wazalendo. À l’en croire, l’appartenance à un mouvement d’autodéfense ou la cause invoquée ne saurait exonérer de la responsabilité pénale.
Justice transitionnelle et mémoire collective
Dans la foulée, les protagonistes ont approfondi la question des mécanismes de poursuites pour crimes internationaux et de justice transitionnelle. L’objectif est de mettre en place des instruments capables de juger trois décennies de violations cycliques sans tomber dans l’impunité.
Le volet réparations a fait l’objet d’une attention particulière. Gouvernement et Amnesty International ont convenu de la nécessité d’assainir les dispositifs existants pour garantir transparence et traçabilité, afin que l’aide parvienne réellement aux victimes.
La préservation de la mémoire était également l’un des chantiers majeurs évoqués. Ainsi, le ministre a insisté sur l’importance de poursuivre le travail de documentation entamé par le Rapport Mapping de l’ONU.
« Pendant trente ans, notre pays a connu des conflits cycliques. La construction d’une mémoire collective est essentielle. Il faut continuer à documenter », a-t-il martelé.
Pour la circonstance, Flavia M. Mwangovya a salué ce qu’elle a qualifié d’un dialogue « très constructif ».
Bien plus, elle a présenté la campagne « 6 millions de voix pour la justice au Congo ». Celle-ci a été lancée ce même jeudi à Kinshasa avec la société civile. L’initiative entend mobiliser l’opinion nationale et internationale pour exiger une justice effective pour les survivants.



