Tout commence le 28 novembre 2025. Quelques jours après sa défaite, la Fédération nigériane de football (NFF) dépose un recours. Elle soupçonne plusieurs joueurs congolais d’être inéligibles pour des raisons de nationalité et de fraude aux passeports. Sur la base du code disciplinaire de la FIFA, elle réclame une victoire par forfait.
Pendant des mois, c’est le silence. Le 10 mars 2026, la NFF relance le secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, et reçoit enfin une réponse. L’instance affirme alors n’avoir reçu la requête que le 9 mars. Elle la juge irrecevable « pour des raisons formelles et de délais », rapporte Le Monde.
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Le dossier Mpasi
Pourtant, selon les enquêtes, des recherches plus poussées des juristes de la FIFA auraient révélé un autre problème : l’inéligibilité de Lionel Mpasi. Le gardien de 32 ans, né à Meaux, possède la double nationalité franco-congolaise. Il a aussi joué avec l’équipe de France dans les catégories jeunes. Il n’aurait pas mené à terme la procédure de changement d’affiliation fédérale. Pourtant, la Fecofa avait lancé des démarches administratives dès 2021.
L’article 19 du code disciplinaire de la FIFA est clair. Si un joueur déclaré inéligible à la suite d’une réclamation prend part à un match, la FIFA sanctionne son équipe. Celle-ci perd le match par forfait et paie une amende d’au moins 6 000 francs suisses.
Des recommandations restées lettre morte
Les juges de la FIFA connaissaient ce point de règlement. Ils pointaient un « risque de protestation » concernant le barrage contre la Jamaïque. Les juristes auraient suggéré plusieurs sanctions, dont un forfait de la RDC face au Nigeria. Ainsi, les Super Eagles auraient pu disputer le barrage contre la Jamaïque.
Pourtant, la FIFA n’a pas suivi ces recommandations. Elle n’a publié aucune sanction disciplinaire sur son site. Selon Le Monde, on aurait pourtant informé Gianni Infantino et le secrétaire général de ces éléments sensibles. De plus, la jurisprudence serait claire : dans les précédents, la FIFA a toujours sanctionné l’équipe en tort.
Infantino, deux versions
Voilà le nœud de la polémique. La FIFA assure que son comité a travaillé de manière indépendante. Selon elle, son président n’est pas intervenu. Côté nigérian, on conteste cette version. Certains soupçonnent Infantino d’avoir voulu préserver ses relations et ses soutiens sur le continent africain. Il aurait ainsi évité une exclusion particulièrement sensible de la RDC. Il s’agit toutefois de soupçons, non de faits établis.
L’affaire tombe mal pour le patron de la FIFA. Il traverse déjà une tourmente, après l’échec de son projet d’ouvrir le capital de l’instance à des investisseurs privés.
Une question qui reste ouverte
Les Léopards ont poussé l’aventure jusqu’aux huitièmes de finale du Mondial, avec Mpasi dans les cages. Reste à savoir si cette affaire aura des suites. La FIFA, la Fecofa et la NFF pourraient réagir officiellement, et des procédures pourraient s’ouvrir. À cette heure, rien n’a été annoncé.



