La situation judiciaire dans la province de Lomami est explosive. Jeudi 22 octobre 2026, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a reçu en audience une délégation d’élus du territoire de Luilu.
Conduite par les députés nationaux Denis Tshibang Ntambw et Fidélie Kabinda Mutonji, accompagnés du député provincial Cyrille Ngoyi Sulu, la délégation est venue déposer sur la table du patron de la Justice les doléances alarmantes sur l’effondrement sécuritaire et judiciaire de leur circonscription.
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C’est l’honorable Denis Tshibang qui a ouvert le bal avec un tableau sombre. Il a pris l’exemple de la prison de Mwene-Ditu, chef-lieu du territoire. L’établissement, conçu à l’origine pour accueillir 20 détenus, en héberge aujourd’hui près de 200 dans des conditions déplorables.
D’après lui, cette surpopulation chronique a récemment provoqué une évasion massive. L’élu a également dénoncé un autre scandale, selon lequel des dizaines de détenus croupissent en détention préventive depuis 4, 5 voire 7 ans sans jugement, faute de magistrats.
Et pour cause, la région n’a pas vu une seule chambre foraine depuis plus de cinq ans. Face à cette impasse, les élus exigent deux mesures urgentes, à savoir la construction de nouvelles prisons modernes adaptées à la croissance démographique et l’érection de tribunaux de grande instance avec des juges permanents pour désengorger les dossiers.
Selon le ministère de tutelle, un message d’espoir a été transmis aux populations de cette contrée de la République. Une descente imminente du ministre d’État sur place est annoncée pour apporter des réponses concrètes.
Mwene-Ditu, deuxième ville de Lomami, sans tribunal
L’honorable Fidélie Kabinda Mutonji a renchéri en soulevant un problème structurel majeur. Mwene-Ditu, deuxième ville de la province de Lomami, ne dispose ni de tribunal de paix à Luilu, ni de tribunal de grande instance.
En effet, les justiciables sont contraints de parcourir plus de 250 kilomètres pour atteindre la juridiction compétente la plus proche, s’exposant à des tracasseries judiciaires et à des coûts insupportables.
Dans ce cadre, la députée nationale a plaidé pour l’implantation immédiate de ces deux juridictions au chef-lieu, une condition sine qua non pour rapprocher la justice du peuple et relancer le développement administratif.
À l’issue de l’audience, les élus se sont dits satisfaits de l’écoute du ministre Guillaume Ngefa, qui a pris en charge l’ensemble des doléances en promettant des solutions rapides et durables pour soulager la population de Luilu, longtemps oubliée par la carte judiciaire nationale.



