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Arusha:Sama Lukonde atterrit en Tanzanie avec la voix de la RDC et un message pour le monde

Arusha, 3 octobre 2026. La nuit était déjà bien avancée lorsque l'avion a touché le sol tanzanien. Dans la pénombre…

Arusha, 3 octobre 2026. La nuit était déjà bien avancée lorsque l’avion a touché le sol tanzanien. Dans la pénombre de l’aéroport, une délégation congolaise est descendue de l’appareil. À sa tête, un homme dont l’agenda des prochains jours pèsera bien au-delà d’une salle de conférence : Sama Lukonde Kyenge, président du Sénat de la République démocratique du Congo.

Pas de temps à perdre. Dès ce lundi 5 octobre, l’Arusha International Conférence Centre (AICC) ouvrira ses portes à la 153e Assemblée de l’Union Interparlementaire (UIP). Pendant cinq jours, la cité tanzanienne, au pied du Kilimandjaro, deviendra l’un des carrefours politiques de la planète.

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Une mission que Kinshasa ne prend pas à la légère

Pour la RDC, l’enjeu dépasse la simple présence protocolaire. Le président de la chambre haute doit intervenir sur deux fronts. Il portera d’abord la position du Parlement congolais au sein du Groupe africain. Ensuite, il prendra la parole à la tribune du débat général, face à un hémicycle mondial.

Son message est connu d’avance, et il ne plaira pas à tous. Il portera sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays et sur la gouvernance des ressources naturelles. Ces deux dossiers brûlants sont deux plaies ouvertes. Ils font de la RDC un pays à la fois convoité pour ses richesses et éprouvé par la violence.

1 500 parlementaires, un monde sous tension

Plus de 1 500 élus, venus de toutes les latitudes, convergent vers Arusha. Leur thème : « Renforcer la bonne gouvernance et les capacités des collectivités grâce à l’inclusion, à la confiance et à l’égalité des chances. »

Pourtant, derrière cette formule officielle, l’ordre du jour ressemble à un tableau des fractures du monde :

  • Paix et sécurité : quel rôle les parlements peuvent-ils jouer dans la consolidation de la paix, à l’ère de l’intelligence artificielle militaire ? Et comment sécuriser les espaces maritimes ?
  • Droits et démocratie : les participants aborderont le développement social inclusif des personnes handicapées. Ils débattront aussi de l’abolition de la peine de mort.
  • Souveraineté économique : un atelier stratégique portera sur les minerais critiques. Ces ressources alimentent la transition énergétique mondiale, et le sous-sol congolais en regorge. L’objectif : une prospérité partagée et un contrôle parlementaire renforcé.
  • Urgences globales : la guerre en Ukraine, la coexistence pacifique au Moyen-Orient et la lutte contre le terrorisme figurent également au programme.

Le Congo, au centre de la partie

Ce n’est pas un hasard si l’atelier sur les minerais critiques figure au programme. Cobalt, cuivre, coltan : la RDC détient des clés dont dépendent les industries du monde entier. Une question demeure, et les couloirs de l’AICC ne manqueront pas de la soulever. Comment faire en sorte que cette richesse profite d’abord à ceux qui vivent sur cette terre ?

C’est précisément sur ce terrain que l’on attend Sama Lukonde. Entre plaidoyer sécuritaire et diplomatie des ressources, le président du Sénat devra convaincre, rallier et faire entendre une voix congolaise dans le concert des nations.

La cérémonie inaugurale officielle aura lieu ce lundi 5 octobre 2026. Ensuite, les délégations s’installeront, les discours s’enchaîneront et les caméras se braqueront sur les tribunes.

À Arusha, la diplomatie parlementaire entre donc dans le vif du sujet. Et pour la RDC, chaque minute de parole comptera.

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