Une mise au point qui tombe à point nommé. Alors que l’appel lancé aux députés nationaux pour communiquer les détails de leurs réalisations dans leurs circonscriptions suscitait des interrogations, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, a tenu à préciser le véritable objectif de cette démarche.
Au cours de la plénière de ce mercredi 7 octobre 2026, au Palais du Peuple, le speaker de la Chambre basse a apporté des éclaircissements sur le communiqué du Rapporteur invitant les élus à transmettre un état détaillé des actions et infrastructures réalisées dans leurs bases respectives.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Recenser les réalisations au bénéfice des populations
Pour Aimé Boji, il ne s’agit pas de modifier les attributions des députés, mais bien de disposer d’une vision exhaustive des initiatives réalisées au sein des différentes circonscriptions électorales.
L’inventaire doit notamment permettre de répertorier les infrastructures et les actions menées dans plusieurs secteurs essentiels à la vie des populations. La santé, l’éducation, mais aussi d’autres domaines d’intervention sont concernés.
L’objectif est ainsi de disposer d’une photographie plus complète des efforts consentis au profit des communautés locales et de permettre que ces réalisations soient prises en compte dans l’évaluation globale des actions menées en faveur du développement des circonscriptions.
Derrière cette démarche, une volonté de valorisation se dessine donc : mettre en lumière les initiatives concrètes dont bénéficient les populations, sans pour autant confondre celles-ci avec les missions institutionnelles des parlementaires.
Boji rappelle le rôle constitutionnel des députés
Car sur ce point, le président de l’Assemblée nationale a voulu être particulièrement clair.
Aimé Boji a rappelé aux élus du peuple que leur mandat demeure encadré par la Constitution, notamment par l’article 100, alinéa 2, qui définit leurs principales responsabilités.
Les députés ont notamment pour mission de légiférer et de contrôler l’action du Gouvernement. Autrement dit, les actions personnelles qu’ils peuvent entreprendre dans leurs circonscriptions ne sauraient se substituer à leurs prérogatives constitutionnelles.
Le président de la Chambre basse a ainsi établi une distinction entre, d’une part, le mandat parlementaire et, d’autre part, les initiatives individuelles prises par certains élus en faveur de leurs communautés.
La philanthropie saluée par le speaker
Loin de minimiser ces initiatives, Aimé Boji les a au contraire saluées.
Le président de l’Assemblée nationale a félicité et encouragé les députés qui s’investissent personnellement dans des actions sociales ou dans la réalisation d’infrastructures au profit de leurs bases électorales.
Ces engagements, a-t-il souligné en substance, relèvent d’un élan de solidarité et de philanthropie. Ils peuvent donc être valorisés comme des contributions supplémentaires au bien-être des populations.
Mais cette reconnaissance doit aller de pair avec le respect du rôle constitutionnel des représentants du peuple.
Une clarification accueillie favorablement
La mise au point du speaker semble avoir dissipé les interrogations suscitées par le communiqué initial.
En rappelant à la fois la nécessité de recenser les réalisations des élus et les limites de leur mandat constitutionnel, Aimé Boji entend ainsi replacer cette initiative dans son véritable cadre.
Dans l’hémicycle du Palais du Peuple, cette clarification a été favorablement accueillie par les députés nationaux, qui ont ainsi obtenu des précisions sur la portée de l’exercice demandé.
L’inventaire ne serait donc pas une nouvelle mission imposée aux parlementaires, mais plutôt un moyen de documenter et de valoriser les actions entreprises au bénéfice des populations, tout en maintenant au cœur du mandat des députés leurs responsabilités de législation et de contrôle de l’action gouvernementale.



