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Sama Lukonde accuse Kabila d’être derrière l’AFC/M23 et appelle à faire bloc autour de Tshisekedi

La confrontation politique entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila se durcit. Devant les sénateurs réunis en plénière à Kinshasa, le…

La confrontation politique entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila se durcit. Devant les sénateurs réunis en plénière à Kinshasa, le mardi 13 octobre 2026, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a vivement dénoncé les récentes prises de position de l’ancien chef de l’État et son rapprochement avec le mouvement politico-militaire AFC/M23. Il y voit une confirmation des accusations formulées par le président de la République sur le rôle présumé de son prédécesseur dans la crise sécuritaire qui ravage l’est de la République démocratique du Congo.

Dans son adresse, Sama Lukonde a appelé les élus et la population à soutenir les institutions nationales ainsi que les démarches entreprises par Félix Tshisekedi en faveur de la paix. Une sortie qui illustre la montée des tensions entre le pouvoir en place et l’ancien président, alors que le conflit dans l’Est continue de peser sur la situation politique et sécuritaire du pays.

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Sama Lukonde estime que Tshisekedi avait vu juste

Le président du Sénat n’a pas ménagé ses mots à l’égard de Joseph Kabila. Il a rappelé que Félix Tshisekedi avait, selon lui, désigné dès les débuts de l’AFC/M23 l’ancien président comme l’instigateur présumé de cette dynamique politico-militaire.

« Dès le début de l’aventure de l’AFC/M23, supplétif du Rwanda, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avait affirmé que le principal instigateur de cette entreprise n’était autre que son prédécesseur. Aujourd’hui, l’histoire lui donne raison », a déclaré Jean-Michel Sama Lukonde.

Le président de la Chambre haute a ainsi interprété les derniers développements politiques comme un élément confortant la position défendue par le chef de l’État.

Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une démarche antipatriotique de Joseph Kabila et des responsables de l’AFC/M23, qu’il tient pour responsables des souffrances imposées aux populations de l’Est. Ces accusations s’inscrivent dans la ligne de fermeté adoptée par les autorités congolaises à l’égard du mouvement armé, auquel Kinshasa reproche de bénéficier du soutien du Rwanda.

Les immunités parlementaires de Kabila remises sur la table

Dans son discours, Jean-Michel Sama Lukonde est également revenu sur la levée antérieure des immunités parlementaires de Joseph Kabila, décidée par le Sénat à la demande de la Haute Cour militaire afin de permettre la poursuite de la procédure judiciaire engagée contre l’ancien président.

« Vous l’avez si bien compris, Honorables Sénateurs et chers collègues, que vous n’avez pas hésité en son temps, à la demande de la Haute Cour militaire, à légitimement lever ses immunités afin de permettre à la justice de le traiter conformément à la loi », a-t-il rappelé.

Cette référence souligne la volonté du président du Sénat de maintenir le dossier Kabila au centre des préoccupations institutionnelles. Elle intervient dans un contexte où les déclarations de l’ancien chef de l’État et la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) ont ravivé les tensions politiques.

Sama Lukonde a opposé la démarche de Félix Tshisekedi, qu’il présente comme engagée dans la recherche de la paix, à celle qu’il attribue à Joseph Kabila, accusé par le camp présidentiel de contribuer à la déstabilisation du pays.

La « balkanisation » de la RDC au cœur de son réquisitoire

Le président du Sénat a également dénoncé ce qu’il décrit comme un projet de fragmentation territoriale de la République démocratique du Congo.

« L’initiateur du projet macabre de balkanisation de la République démocratique du Congo opère désormais à visage découvert », a-t-il lancé.

Cette accusation particulièrement grave traduit la virulence du discours politique autour du conflit dans l’Est. Elle demeure toutefois une appréciation formulée par Jean-Michel Sama Lukonde et doit être distinguée des faits judiciairement établis.

À travers cette déclaration, le président de la Chambre haute place la question de l’intégrité territoriale au centre de son réquisitoire contre l’ancien chef de l’État et les responsables de l’AFC/M23.

Un appel à soutenir le dialogue et les institutions

Au-delà de ses attaques contre Joseph Kabila, Jean-Michel Sama Lukonde a exhorté la population à ne pas se laisser influencer par les discours qu’il juge trompeurs. Il a appelé les Congolais à soutenir Félix Tshisekedi et le processus de dialogue engagé en vue de consolider la paix et la cohésion nationale.

« Nous invitons notre population à ne pas se laisser distraire par ces vendeurs d’illusions et à demeurer loyale à Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui ne ménage aucun effort dans la recherche des solutions aux problèmes qui l’accablent », a-t-il déclaré.

Il a également invité les citoyens à accompagner le dialogue initié par le chef de l’État, présenté comme un moyen de renforcer la cohésion nationale.

Cet appel intervient alors que les autorités congolaises poursuivent leurs efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit dans l’Est, où les enjeux militaires et politiques restent étroitement liés.

Hommage aux FARDC et aux Wazalendo

Jean-Michel Sama Lukonde a enfin rendu hommage aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à la Police nationale congolaise, aux services de sécurité et aux combattants Wazalendo engagés dans la défense du territoire national.

Il a salué leur dévouement, leur courage et leur engagement face aux violences qui affectent plusieurs territoires de l’Est.

Cette reconnaissance s’inscrit dans son appel à l’unité nationale et au soutien des forces mobilisées pour défendre l’intégrité territoriale du pays.

Par cette intervention, le président du Sénat confirme la place centrale qu’occupe la crise sécuritaire dans le débat politique congolais. Entre accusations contre Joseph Kabila, soutien affiché à Félix Tshisekedi et appel au dialogue, sa prise de parole illustre une confrontation qui dépasse désormais le seul terrain militaire pour s’imposer au cœur des institutions de la République.

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