Des sacs de chanvre éventrés, des cartons de bouteilles empilés, puis les flammes. À Biakato, dans le territoire de Mambasa, en Ituri, les services de sécurité ont incinéré, ce lundi, une importante quantité de chanvre et de produits prohibés, au nom d’un argument inattendu : protéger les jeunes de la désinformation sur Ebola. L’opération a été confirmée par l’administrateur militaire adjoint du territoire, le colonel Maxime Tshishimbi.
Selon lui, quatre sacs de chanvre, plusieurs cartons de boissons alcoolisées et d’autres produits arrivés à expiration figurent parmi les articles détruits. Pour les autorités, le contexte épidémique rend l’exercice urgent. « Nous sommes en période d’Ebola. Cela nécessite une prise de conscience pour que les gens ne s’adonnent pas à la consommation de chanvre, car cela favorise la désinformation chez les jeunes », a déclaré l’officier.
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Un avertissement aux militaires et aux policiers
Le colonel Tshishimbi a annoncé que des opérations similaires seront menées dans d’autres localités de Mambasa, afin de freiner la circulation des produits prohibés et leurs effets sur la jeunesse pendant l’épidémie.
Il a aussi adressé un message direct aux membres des forces de défense et de sécurité qui seraient impliqués dans ce commerce : « Toute personne, qu’elle soit militaire ou policière, qui sera trouvée impliquée dans cette affaire, sera arrêtée et des sanctions sévères seront envisagées. »
Des voix locales qui applaudissent
L’initiative a reçu le soutien de responsables locaux. Amitié Bwira, coordonnateur territorial de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) à Mambasa, a salué une opération qui contribue, selon lui, à la protection de la santé de la population et au respect des droits humains.
Peresi Mamboro, coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise de la chefferie des Babila-Babombi, a lui aussi encouragé la démarche. Il a appelé à renforcer les actions contre la consommation du chanvre et des boissons fortement alcoolisées, qu’il décrit comme une préoccupation pour la jeunesse locale.
D’autres incinérations sont donc attendues dans le territoire, alors que l’épidémie d’Ebola continue de peser sur la région.



