Lusaka, 5 octobre 2026. Un couloir de quelques milliers de kilomètres, et tout un continent qui retient son souffle. Ce lundi, à Lusaka, le président zambien Hakainde Hichilema a ouvert les travaux de la deuxième réunion de coordination du Corridor de Lobito, l’un des chantiers d’intégration économique les plus scrutés d’Afrique australe et centrale.
Dans la salle, la délégation de la République démocratique du Congo avance avec un message clair : le pays ne veut pas être un simple point de passage, mais un acteur central de la route.
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Une délégation de poids
Kinshasa a envoyé trois ministres, signe de l’importance accordée au dossier :
- Guylain Nyembo, Ministre d’État en charge du Plan, qui conduit la délégation ;
- John Banza Lunda, Ministre des Infrastructures et Travaux publics ;
- Julien Paluku Kahongya, Ministre du Commerce extérieur.
Un chiffre qui donne le vertige
Dans les discussions, un chiffre domine tous les autres : 70 % de la production mondiale de cobalt devrait passer par ce couloir. Une proportion qui place le Corridor de Lobito au cœur de la chaîne d’approvisionnement des industries mondiales, et la RDC au centre du jeu.
Mais un tel flux exige des infrastructures à la hauteur. D’où l’insistance sur les besoins en énergie et en routes, afin de lever les difficultés rencontrées par les acteurs privés engagés dans le projet.
De Luanda à Lusaka : l’heure du bilan
Cette deuxième réunion fait suite à la première, organisée en février 2026 à Luanda, en Angola. Au programme, un état des lieux des avancées réalisées depuis. Pour les participants, le temps des promesses cède la place à celui des résultats.
L’axe Dilolo-Sakania, priorité absolue
Pour la RDC, un tronçon concentre les attentes : l’axe Dilolo-Sakania, présenté comme une nécessité majeure. Le raccordement des routes congolaises au corridor est vu comme le moyen de créer de la richesse et de faire émerger plusieurs entités du pays.
Plus qu’un couloir de minerais
L’ambition affichée dépasse le simple transport de matières premières. Les discussions portent aussi sur :
- la transformation locale des produits avant leur exportation ;
- l’exploitation des zones agricoles ;
- la transformation et la création de nouvelles villes ;
- l’inscription du corridor dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ;
- le développement de routes connectées pour soutenir la croissance économique, la paix, les opportunités et la stabilité.
La réponse attendue de Kinshasa
Lors de la première séance, consacrée aux « Investissements dans le secteur des infrastructures », le ministre John Banza Lunda doit présenter la réponse de la RDC dans ce secteur jugé stratégique. C’est l’un des moments forts de la rencontre, très attendu par les partenaires.
Les travaux se clôtureront mardi 6 octobre 2026. D’ici là, une question reste en suspens : le Corridor de Lobito sera-t-il l’autoroute de la prospérité partagée, ou une route de plus par laquelle les richesses s’en vont ? La RDC, elle, a choisi son camp : celui de la transformation sur place.



