Chicago, 7 mars 2026 – Dans le South Side de Chicago, là où battait le cœur de la lutte pour les droits civiques, une foule recueillie a dit adieu à l’un de ses plus illustres fils. Ce samedi 7 mars, le siège de la Rainbow PUSH Coalition a accueilli la « Homegoing Celebration » du révérend Jesse Jackson. Et parmi les visages venus saluer sa mémoire, il y avait celui d’un président africain : Félix Tshisekedi.
Le choix de sa présence n’avait rien d’anodin. Car si Jesse Jackson était une icône américaine, il était aussi, comme l’a rappelé le chef de l’État congolais, « un fils de l’Afrique, un ami de la République démocratique du Congo ».
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« Une voix contre l’indifférence »
Devant un parterre de personnalités politiques, religieuses et culturelles, Félix Tshisekedi a pris la parole pour rendre hommage à celui qui fut, selon lui, « une voix forte, claire, courageuse ». Une voix qui s’est levée contre la ségrégation, contre l’injustice, contre l’indifférence.
« Le Révérend Jesse Jackson fut, avant tout, une voix », a-t-il martelé, rappelant que le combat du leader américain reposait sur une conviction inébranlable : la dignité humaine ne se négocie pas.
Un ami de la RDC
Mais au-delà du militant des droits civiques, le président congolais a tenu à saluer l’homme qui, à plusieurs reprises, avait tendu la main à son pays. Jesse Jackson ne s’était pas contenté de suivre l’actualité congolaise de loin. Il s’était rendu sur place, à des moments décisifs, pour soutenir la transition démocratique, encourager le dialogue politique et plaider pour la paix.
Il s’était aussi préoccupé du sort des réfugiés et des déplacés, notamment dans l’Est de la RDC, cette région meurtrie par des décennies de violences armées. Pour Félix Tshisekedi, cet engagement aux côtés des plus vulnérables faisait de lui un allié précieux, un compagnon de route dans la quête de justice et de stabilité.
« I am somebody »
Le président a également rappelé le célèbre mantra de Jesse Jackson, « I am somebody » (« Je suis quelqu’un »), une proclamation qu’il a qualifiée de « l’une des plus grandes affirmations morales de notre temps ». Une phrase simple, mais qui résumait toute la philosophie du révérend : rappeler à chacun, surtout aux plus opprimés, qu’ils ont une valeur, une dignité, une place dans ce monde.
Un adieu solennel
Après le discours de Félix Tshisekedi, la cérémonie s’est poursuivie avec d’autres hommages. L’acteur Samuel L. Jackson a prononcé un éloge funèbre empreint d’émotion, tandis que le musicien Stevie Wonder a offert une prestation musicale qui a fait vibrer l’assistance.
Le révérend Jesse Jackson a ensuite été inhumé au Oak Woods Cemetery, à Chicago, où reposent déjà des figures historiques comme Ida B. Wells et Jesse Owens. Il rejoint ainsi le panthéon des grands noms qui ont marqué l’histoire américaine.
Pour Félix Tshisekedi, ce voyage à Chicago était plus qu’une simple présence protocolaire. C’était un geste de reconnaissance envers un homme qui, sans être Congolais, avait fait sienne la cause du peuple congolais. Un geste qui, au-delà des frontières, rappelle que les combats pour la justice et la dignité sont universels.



