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Serge Konde savoure sa revanche : « J’avais un projet avec Desabre, on visait le Mondial 2026 »

Depuis les travées du stade de Guadalajara où il a vibré au rythme de la qualification historique des Léopards, Serge…

Depuis les travées du stade de Guadalajara où il a vibré au rythme de la qualification historique des Léopards, Serge Konde n’a pas retenu ses larmes. L’ancien ministre des Sports, artisan discret mais déterminé de l’arrivée de Sébastien Desabre à la tête de la sélection nationale, savoure sa revanche. Alors que le scepticisme régnait après l’ère Hector Cúper, lui avait pris le risque de miser sur un technicien français alors peu connu du grand public. Ce mercredi 1er avril 2026, la victoire des Léopards face à la Jamaïque (1-0) a validé son pari. Et son projet.

Il y a quelques années, alors que le football congolais traversait une période de doute, Serge Konde a pris une décision qui allait changer le cours de l’histoire. Nommé ministre des Sports, il avait en tête un plan précis, un nom précis : Sébastien Desabre.

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Un choix qui n’avait pas fait l’unanimité. Beaucoup préféraient un technicien plus ronflant, plus médiatique, plus « confirmé ». Mais Konde, avec le soutien du président Félix Tshisekedi, a tenu bon. Il avait fréquenté Desabre, observé son travail, analysé sa méthode. Il avait perçu chez lui un potentiel que d’autres ne voyaient pas.

« Notre grand objectif commun : la Coupe du monde 2026 »

Interrogé au Mexique dans l’effervescence de la qualification, Serge Konde n’a pas caché sa fierté. Il a rappelé que l’ambition affichée dès le départ était claire.

« J’avais un projet réel avec Sébastien Desabre, que je fréquentais depuis longtemps. Notre grand objectif commun était de participer à la Coupe du monde 2026 », a-t-il déclaré, mercredi 1er avril, quelques heures après le sacre.

Un objectif qui, à l’époque, pouvait sembler ambitieux, voire démesuré. La RDC sortait d’une série de qualifications ratées, le football national manquait de repères. Pourtant, Konde et Desabre y ont cru. Et ils ont construit, pas à pas, patiemment, la machine qui a finalement dompté le Cameroun, le Nigeria, puis la Jamaïque.

Une CAN comme rampe de lancement

Avant le Mondial, il y a eu la CAN. Une compétition qui a servi de laboratoire et de rampe de lancement. Les Léopards y ont montré de belles choses, confirmé leur progression, installé une dynamique positive.

Pour Serge Konde, cette Coupe d’Afrique a été la preuve que le « projet Desabre » était sur la bonne voie. Le jeu proposé, la cohésion du groupe, la gestion des moments difficiles : tout cela portait déjà la patte du sélectionneur français.

La qualification pour la Coupe du monde vient désormais couronner ce travail de fond. Elle valide non seulement le choix de Desabre, mais aussi la stratégie de reconstruction du football congolais initiée sous le mandat de Konde.

Un succès collectif, une fierté personnelle

Dans sa déclaration, l’ancien ministre a tenu à souligner le caractère collectif de ce succès. « Ce succès appartient à toute la nation », a-t-il rappelé. Une manière élégante de ne pas s’approprier seul la victoire.

Mais il est clair que, personnellement, cette qualification est une revanche. Sur ceux qui doutaient de son projet, sur ceux qui critiquaient le choix de Desabre, sur ceux qui pensaient que le football congolais ne pouvait plus rivaliser avec les meilleurs.

Serge Konde a été un précurseur. Il a vu en Desabre ce que d’autres ne voyaient pas. Il a pris des risques, assumé ses choix, porté son projet avec conviction. Aujourd’hui, les résultats parlent pour lui.

Un appel à la continuité

Dans son intervention, l’ancien ministre a également tenu à saluer le travail de son successeur, Didier Budimbu. « Il a respecté la notion de continuité de l’État », a-t-il souligné.

Un message important. Dans un pays où les changements de gouvernement s’accompagnent souvent de ruptures brutales, la stabilité à la tête du ministère des Sports a permis de ne pas interrompre le travail entamé. Konde appelle donc à poursuivre sur cette lancée.

« L’objectif est maintenant de préparer sereinement la phase finale du tournoi pour honorer le drapeau congolais sur la scène mondiale », a-t-il martelé.

L’avenir : le Mondial et après

La qualification est acquise, mais le travail ne fait que commencer. La Coupe du monde, avec son lot de pression médiatique, d’exigences physiques et tactiques, sera un autre défi.

Sébastien Desabre, en qui Serge Konde a eu raison de croire, sera aux commandes. L’ancien ministre, lui, regardera depuis les tribunes ou depuis Kinshasa. Mais il continuera à suivre avec passion l’aventure des Léopards.

Sa revanche est désormais consommée. Il a eu raison. Contre les sceptiques, contre les mauvaises langues, contre le destin. Le football congolais lui doit une fière chandelle. Et lui, désormais, peut savourer.

En toute humilité, mais avec une légitime fierté. Car si les Léopards sont au Mondial, c’est aussi un peu grâce à lui. Et ça, plus personne ne pourra le lui enlever.

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