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RDC : Raïssa Malu crée les Clubs de Veille Citoyenne pour former des élèves responsables

L'école congolaise ne se contentera plus d'instruire. Elle devra aussi éduquer à la citoyenneté. La ministre d'État, ministre de l'Éducation…

L’école congolaise ne se contentera plus d’instruire. Elle devra aussi éduquer à la citoyenneté. La ministre d’État, ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a signé un arrêté ministériel portant création, organisation et fonctionnement des Clubs de Veille Citoyenne (CVC) dans tous les établissements d’enseignement primaire et secondaire de la RDC. Une circulaire sur la promotion de la salubrité et la protection de l’environnement en milieu scolaire a également été adressée à l’ensemble des responsables du secteur éducatif. Deux mesures qui s’inscrivent dans le Plan quinquennal 2024-2029, dont un axe stratégique est dédié à la promotion de la citoyenneté.

L’annonce a été faite par voie de communiqué. L’arrêté ministériel et la circulaire sont désormais en vigueur. Ils s’imposent à tous les établissements scolaires publics, privés conventionnés, et agréés.

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Pour Raïssa Malu, l’école ne peut pas se limiter à transmettre des savoirs. Elle doit aussi former des citoyens conscients de leurs droits et devoirs, respectueux des règles, solidaires, engagés pour le bien commun.

Les Clubs de Veille Citoyenne : des dispositifs pivots

Les Clubs de Veille Citoyenne sont conçus comme des dispositifs pivots pour cultiver chez les élèves le sens du civisme, de la solidarité et de la responsabilité sociale.

Leur mission essentielle :

  • Promouvoir les valeurs nationales , dont le Serment du Citoyen,

  • Valoriser l’histoire congolaise (grandes figures, dates clés, symboles),

  • Consolider la cohésion nationale par le dialogue et le respect mutuel.

Les CVC offrent un cadre structuré d’apprentissage et d’engagement. Ils fonctionnent sous l’autorité des chefs d’établissement, dans le respect strict de la parité filles-garçons. Leur action est exclusivement éducative et apolitique.

Les activités concrètes : conférences, débats, projections, visites de sites historiques, actions de solidarité (aide aux plus démunis, collectes de fonds), campagnes de sensibilisation (lutte contre la corruption, l’indiscipline, l’incivisme).

La salubrité et la protection de l’environnement

En étroite corrélation avec cette réforme, la circulaire sur la salubrité établit des normes rigoureuses pour garantir un environnement d’apprentissage sain et sécurisé.

Elle impose :

  • La mise en place de systèmes de gestion des déchets (poubelles, tri sélectif, compostage),

  • Des dispositifs d’hygiène (points d’eau, savon, latrines, produits d’entretien),

  • Des actions régulières de sensibilisation à la protection de l’environnement (reboisement, économies d’eau et d’énergie, lutte contre la pollution).

L’objectif est double : améliorer le cadre scolaire immédiat, et former des citoyens soucieux de l’environnement dans leur vie quotidienne (à la maison, dans le quartier, dans l’espace public).

À terme, l’approche intégrée (CVC + salubrité) vise un assainissement progressif des espaces urbains à l’échelle nationale, par l’acquisition de nouveaux comportements citoyens.

Le Plan quinquennal 2024-2029

Ces mesures s’inscrivent dans le Plan quinquennal 2024-2029 du ministère. Ce plan vise globalement à transformer le système éducatif congolais en un modèle d’excellence en Afrique.

Ses principes directeurs sont :

  • Dialogue avec les parties prenantes : impliquer tous les acteurs (enseignants, parents, syndicats, société civile, partenaires) dans la prise de décisions.

  • Renforcement de l’administration : améliorer la gestion et la gouvernance du système éducatif (formation des cadres, dématérialisation, lutte contre la corruption).

  • Investissement dans la formation et le développement professionnel des enseignants : renforcer leurs compétences pédagogiques, disciplinaires et numériques.

  • Promotion de l’équité et de l’inclusion : assurer l’accès à l’éducation pour tous, y compris les filles, les enfants handicapés, les enfants des zones reculées.

  • Intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) : moderniser l’enseignement (tableaux interactifs, tablettes, classes virtuelles, ressources en ligne).

Ses objectifs stratégiques sont :

  • Amélioration de l’accès à une éducation de qualité : augmenter le taux de scolarisation, réduire les redoublements et les abandons, améliorer les acquis.

  • Promotion de l’équité et de l’inclusion : réduire les inégalités territoriales, sociales, de genre.

  • Renforcement des enseignants et des inspecteurs : améliorer leurs compétences, leurs conditions de travail, leur motivation.

  • Développement d’une nouvelle citoyenneté : promouvoir les valeurs de civisme, de responsabilité sociale, de patriotisme.

Pour ce faire, le ministère prévoit de :

  • Construire de nouvelles salles de classe (pour réduire les effectifs pléthoriques),

  • Réformer les programmes scolaires (pour les rendre plus adaptés, plus compétents, plus attractifs),

  • Renforcer la gouvernance scolaire (autonomie des établissements, contrôles, évaluations),

  • Promouvoir la nouvelle citoyenneté (par les CVC, le Serment du Citoyen, l’histoire nationale).

Raïssa Malu dans la poursuite des réformes

Depuis sa nomination, Raïssa Malu a engagé de nombreuses réformes : gratuité de l’enseignement primaire, modernisation des infrastructures, formation des enseignants, lutte contre les fraudes scolaires.

Avec les Clubs de Veille Citoyenne et la circulaire sur la salubrité, elle ajoute une pierre à l’édifice. Il s’agit désormais de former non seulement des élèves instruits, mais aussi des citoyens responsables, engagés, respectueux de l’environnement.

« L’école congolaise doit être un lieu de vie, pas seulement un lieu d’apprentissage. Un lieu où l’on apprend à vivre ensemble, à respecter les règles, à protéger la planète. C’est tout le sens de ces réformes », a-t-elle déclaré.

Les défis de la mise en œuvre

La mise en œuvre de ces réformes ne sera pas sans défis.

  • Moyens financiers : former les animateurs des CVC, acheter du matériel, aménager les espaces, gérer les déchets, tout cela a un coût.

  • Formation : les enseignants et les chefs d’établissement devront être formés à l’animation des CVC et à la promotion de la salubrité.

  • Suivi-évaluation : il faudra des indicateurs, des inspections, des rapports pour mesurer l’impact des réformes.

  • Résistances : certains parents, enseignants ou chefs d’établissement pourraient être réticents, considérant que ces activités « volent du temps » à l’apprentissage.

Raïssa Malu en est consciente. Elle compte sur le dialogue, la formation, et des incitations (subventions, labels, prix) pour surmonter ces obstacles.

L’espoir d’une nouvelle génération

Au-delà des textes, c’est un espoir qui est porté par ces réformes. Celui d’une nouvelle génération de Congolais, formée dès l’école aux valeurs citoyennes, à la responsabilité, à l’engagement.

Des élèves qui ne se contenteront pas d’apprendre des leçons, mais qui deviendront des acteurs du changement dans leurs communautés. Des jeunes qui sauront dire non à la corruption, à l’incivisme, à la violence. Des citoyens qui construiront un Congo plus juste, plus propre, plus uni.

Les Clubs de Veille Citoyenne sont une petite graine plantée. Il appartient à tous (État, enseignants, parents, élèves, partenaires) de l’arroser, de la protéger, et de la faire germer.

L’avenir de la RDC se joue aussi à l’école. Raïssa Malu l’a bien compris. À elle, et à tous les acteurs du système éducatif, de faire de cette vision une réalité. Pour le bien-être des élèves, et pour le développement du pays tout entier.

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