C’est fait. Après plus d’un demi-siècle d’attente, la République démocratique du Congo retrouve la Coupe du monde. Ce mardi 31 mars 2026, à Guadalajara, au Mexique, les Léopards ont arraché leur qualification face à la Jamaïque au terme d’un match d’une intensité folle (1-0 après prolongation). Axel Tuanzebe, héros de la soirée, a libéré tout un peuple à la 100e minute. Une victoire historique qui envoie la RDC dans le groupe K, aux côtés du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan. L’émotion est immense. Pour le ministre des Sports, Didier Budimbu, le mérite de cette qualification revient au président Félix Tshisekedi : « C’est lui qui l’a fait. Aucun des présidents passés n’a pu le faire, seul lui y est parvenu. »
La scène se passe au stade Jalisco de Guadalajara. Sous une chaleur écrasante, les 23 Léopards entament la finale des barrages intercontinentaux face aux Reggae Boys. Un seul match. 90 minutes. La Coupe du monde au bout. Pour la RDC, c’est une revanche sur l’histoire. Après les échecs de 2018 et 2022, après tant de désillusions, cette génération a une occasion unique de marquer les esprits.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Mais rien ne sera simple. Les Jamaïcains, disciplinés et solides défensivement, ont décidé de jouer leur chance à fond. Les premières minutes sont tendues. La RDC domine, mais bute sur un mur orange.
Un but refusé, un deuxième, et la tension monte
Le scénario cauchemardesque guette les Congolais. À la 30e minute, une première réalisation est annulée pour hors-jeu. Les Léopards ne se découragent pas. Ils poussent, multiplient les occasions. En seconde période, nouvelle désillusion : un deuxième but est refusé. Le sort s’acharne. Le temps réglementaire s’écoule sans qu’aucune des deux équipes n’ait trouvé la faille.
Sur le banc congolais, Sébastien Desabre vit ses pires minutes. Son équipe est maîtresse du jeu, mais la maladresse et la réussite adverse l’empêchent de concrétiser. Il faut aller chercher cette qualification dans la douleur. En prolongation.
À la 100e minute, le cri de libération
La 100e minute. C’est un corner que tire Brian Cipenga. Le ballon flotte dans la surface. Et soudain, c’est l’explosion. Axel Tuanzebe surgit, place sa tête, et envoie le ballon au fond des filets. 1-0. Guadalajara tremble. Les milliers de supporters congolais présents dans les tribunes exultent.
Les dix dernières minutes seront un calvaire. Les Jamaïcains jettent leurs dernières forces dans la bataille. Mais la défense congolaise tient. Au coup de sifflet final, c’est l’effondrement de joie. Les joueurs se jettent dans les bras les uns des autres. Sur la pelouse, des hommes pleurent. De joie. De soulagement. D’orgueil.
52 ans d’attente, un peuple en liesse
À Kinshasa, c’est l’explosion. Des milliers de supporters sont descendus dans les rues, drapeaux en main, pour célébrer cette qualification historique. La dernière participation de la RDC au Mondial remonte à 1974, sous l’appellation Zaïre. C’était il y a 52 ans. Une éternité.
Cette génération, celle des Yoane Wissa, des Fiston Mayele, des Axel Tuanzebe, a réussi là où tant d’autres ont échoué. Après avoir sorti le Cameroun puis le Nigeria lors des barrages africains, après avoir dominé les Bermudes en amical, ils ont achevé le travail face à la Jamaïque. Avec courage. Avec abnégation. Avec la grinta que les Congolais aiment.
Le ministre Budimbu salue « l’œuvre de Tshisekedi »
Dans la liesse générale, Didier Budimbu, ministre des Sports et Loisirs, a tenu à attribuer le mérite de cette qualification au président de la République. « C’est Félix Tshisekedi qui l’a fait. On ramène quelque chose d’historique : cela fait 52 ans. Aucun des présidents passés n’a pu le faire, seul lui y est parvenu. Tout droit vers le 3 », a déclaré le ministre, dans une déclaration qui ne manquera pas de faire réagir.
Une manière pour l’exécutif de capitaliser politiquement sur cette réussite sportive, à quelques mois d’échéances électorales importantes. Mais au-delà des calculs politiques, c’est toute une nation qui savoure sa revanche sur l’histoire.
Un groupe K relevé pour le Mondial 2026
Les Léopards connaissent désormais leurs adversaires pour la phase finale. Ils évolueront dans le groupe K, en compagnie du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan. Un tirage difficile, mais les Congolais savent qu’ils ont déjà réalisé l’exploit de se qualifier. Désormais, ils veulent exister sur la scène mondiale.
Le Portugal de Cristiano Ronaldo, la Colombie des Diables Rouges, l’Ouzbékistan, outsider méconnu : autant d’adversaires qui ne font pas peur à cette génération qui a appris à dompter ses peurs.
La RDC, 10e nation africaine au Mondial
Cette qualification porte à 10 le nombre de nations africaines présentes à la Coupe du monde 2026. Un record. C’est aussi une fierté pour tout un continent. Les Léopards, en défendant leurs couleurs, ont aussi défendu celles de l’Afrique. Et ils l’ont fait avec panache.
Dans les jours à venir, les célébrations se poursuivront. À Kinshasa, à Goma, à Lubumbashi, dans chaque ville du pays, les Congolais vont savourer. Ils ont attendu 52 ans. Ils ne sont pas pressés que cette nuit prenne fin.
Car désormais, les Léopards ont un nouveau rendez-vous avec l’histoire. Celui d’une Coupe du monde à écrire, à leur manière. Après 52 ans d’attente, la RDC est de retour. Et elle compte bien ne plus repartir.



