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RDC – Mondial 2026 : 52 ans d’attente, 90 minutes pour l’histoire à Guadalajara

C'est un rendez-vous gravé dans le marbre. Le mardi 31 mars 2026, à Guadalajara, les Léopards de la République démocratique…

C’est un rendez-vous gravé dans le marbre. Le mardi 31 mars 2026, à Guadalajara, les Léopards de la République démocratique du Congo joueront le match le plus important de leur existence. Face au vainqueur de la confrontation entre la Jamaïque et la Nouvelle-Calédonie, la sélection de Sébastien Desabre disputera la finale des barrages intercontinentaux. Une victoire, et la RDC retrouvera la Coupe du monde 52 ans après son unique participation, en 1974.

Le compte à rebours a commencé. Depuis la nuit de dimanche, les premiers joueurs congolais ont foulé le sol mexicain, marqué par un décalage horaire important avec Kinshasa. Dans la tanière de Guadalajara, l’effectif se compose progressivement.

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Brian Bayeye, appelé pour remplacer Jérémy Ngakia, a déjà rejoint le groupe. Axel Tuanzebe et Edo Kayembe sont également arrivés. Le dernier des 26 convoqués devrait être Brian Cipenga, qui joue ce lundi 23 mars avec son club de Castellon, en deuxième division espagnole. Le staff technique n’a pour l’instant procédé qu’à un seul changement dans la liste initiale, malgré les rumeurs persistantes sur d’éventuelles blessures.

Le staff médical fera le point complet dès que tous les joueurs seront réunis.

Une préparation express avant le grand soir

Pour affiner les réglages, les Léopards disputeront un match de fixation ce mercredi 25 mars. L’adversaire : la sélection nationale des Bermudes. Une opposition choisie pour jauger le niveau de l’effectif, tester les automatismes et gérer la montée en puissance avant l’échéance décisive.

L’enjeu dépasse le simple cadre sportif. Le peuple congolais attend ce retour sur la scène mondiale depuis plus d’un demi-siècle. Une génération entière n’a jamais connu son pays au Mondial. Les joueurs le savent. Ils mesurent le poids de l’histoire.

Le parcours d’exploits qui a mené au Mexique

Pour arriver jusqu’à ce barrage intercontinental, les Léopards ont d’abord dû dompter des adversaires redoutables. Ils ont terminé deuxièmes de leur groupe derrière le Sénégal, puis ont entamé un parcours éliminatoire en novembre 2025 qui restera dans les mémoires.

En demi-finale des barrages africains, la RDC a sorti le Cameroun sur le score de 1-0. Puis, en finale, face au Nigeria, les hommes de Sébastien Desabre ont livré une bataille héroïque. Après un match nul 1-1 à l’issue des prolongations, ils ont arraché leur qualification aux tirs au but (4-3). Une victoire au mental qui a envoyé les Fauves Congolais représenter le continent africain au Mexique.

Classée 48e mondiale et 9e africaine – son meilleur classement historique – la RDC a été directement versée en finale de sa voie dans ce tournoi intercontinental.

Jamaïque ou Nouvelle-Calédonie : deux adversaires à la portée ?

Le 26 mars, trois jours avant la finale des Léopards, la Jamaïque et la Nouvelle-Calédonie s’affronteront pour déterminer l’adversaire de la RDC.

La Jamaïque, connue sous le nom des Reggae Boyz, n’a participé qu’à une seule Coupe du monde, en France 1998. Depuis, elle navigue entre la MLS et les championnats nord-américains sans retrouver ce niveau. La Nouvelle-Calédonie, elle, n’a jamais approché un Mondial.

Sur le papier, aucun de ces deux adversaires n’a la densité collective du Cameroun ou du Nigeria que les Léopards ont éliminés. Les cotes des bookmakers reflètent cette réalité : la RDC part largement favorite.

Mais le football à élimination directe ne demande pas l’avis des statistiques. Un match, une finale, et tout peut basculer.

Ce que Desabre a bâti en trois ans

Nommé sélectionneur en 2022 après l’échec de la qualification pour le Qatar, Sébastien Desabre a patiemment construit une équipe compétitive. Son bilan est éloquent : une vingtaine de victoires en 38 matchs, une progression constante au classement FIFA, et cette capacité à sortir les cadres du football africain quand l’enjeu est maximal.

La RDC a également disputé la CAN 2025 au Maroc, s’inclinant en huitièmes de finale contre l’Algérie (0-1) le 6 janvier dernier. Un résultat en demi-teinte, mais qui a peut-être eu un mérite inattendu : préserver la fraîcheur physique des joueurs pour cette échéance planétaire.

52 ans d’attente

Il ne faut pas alourdir ce rendez-vous de trop de mots. Depuis Zaïre 1974 – trois matchs, zéro but marqué, quatorze encaissés face à l’Écosse, la Yougoslavie et le Brésil – la RDC produit du talent, exporte ses joueurs vers l’Europe, et regarde les Coupes du monde à la télévision.

Shabani Nonda n’a pas eu cette chance. Lomana LuaLua non plus. Pas plus que tant d’autres qui ont porté haut les couleurs congolaises sans jamais toucher ce Graal.

Le 31 mars à Guadalajara, cette génération-là l’a. Un match. Pas deux. Pas une phase de groupes. Pas de repêchage. Un match. 90 minutes, prolongations éventuelles, tirs au but. Un match pour effacer 52 ans d’attente et écrire le premier chapitre d’une nouvelle histoire.

Le peuple congolais retient son souffle. Les Léopards sont prêts à rugir.

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