La formation est achevée, place à l’action. Ce jeudi 9 avril 2026, à Kinshasa, la ministre d’État, ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a présidé la cérémonie de clôture de l’atelier de renforcement des capacités des 60 directeurs provinciaux de l’éducation nationale (PROVED). Pendant trois jours, ces responsables ont planché sur la modernisation de la gouvernance administrative, l’utilisation des outils numériques, et la mise en œuvre du Plan quinquennal 2024-2029. Désormais, ils repartent dans leurs provinces avec une feuille de route claire : améliorer la qualité de l’éducation, partout sur le territoire.
La cérémonie s’est déroulée dans une salle comble, en présence des cadres de l’administration centrale. L’ambiance était à la fois solennelle et résolument tournée vers l’avenir.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Raïssa Malu, visiblement satisfaite du travail accompli, a tenu à rappeler l’importance des enjeux. « Les recommandations issues de ces travaux doivent désormais constituer la feuille de route de l’ensemble des PROVED, en vue d’assurer la modernisation de la gouvernance administrative et l’utilisation accrue des outils numériques », a-t-elle martelé.
Des modules pour une gouvernance moderne
Pendant trois jours, les directeurs provinciaux ont suivi des modules sur les approches modernes de gouvernance, de planification et de gestion des services éducatifs.
Les travaux ont porté sur :
-
Les nouvelles orientations du ministère, alignées sur le Plan quinquennal 2024-2029,
-
La planification et le suivi-évaluation,
-
L’intégration des technologies émergentes,
-
La gestion axée sur la performance.
Autant de thèmes qui touchent au cœur du métier de directeur provincial : organiser, piloter, évaluer, rendre compte.
Les points clés de la ministre
Dans son discours de clôture, Raïssa Malu a insisté sur plusieurs points clés.
1. L’importance de la production et de l’exploitation de données fiables : trop souvent, les décisions éducatives sont prises sur la base d’intuitions ou d’informations partielles. La ministre veut des données précises, actualisées, géolocalisées, pour piloter le système.
2. La distribution régulière des bulletins scolaires : un indicateur simple, mais essentiel. Un élève qui ne reçoit pas son bulletin est un élève dont on ne sait pas s’il a appris. La régularité des évaluations est un marqueur de sérieux.
3. L’intégration des enjeux liés aux crises climatiques et sécuritaires : la RDC est confrontée à des inondations, des glissements de terrain, des conflits armés. L’éducation doit s’adapter, avec des stratégies d’éducation en situation d’urgence (écoles mobiles, radios éducatives, kits scolaires d’urgence).
L’engagement des participants
Au nom de ses pairs, le directeur provincial de l’Éducation du Kwilu 2, Jean-Pierre Yoy, a exprimé la gratitude des PROVED envers la ministre Raïssa Malu pour son leadership éclairé.
« Nous repartons outillés, motivés, et déterminés à mettre en pratique les compétences acquises », a-t-il déclaré. Les directeurs provinciaux s’engagent à appliquer les nouvelles orientations dans leurs régions respectives, et à rendre compte régulièrement des progrès accomplis.
Des recommandations pour améliorer l’efficacité administrative
Les participants ont également formulé des recommandations concrètes à l’intention du gouvernement.
-
Mise à la retraite des agents éligibles : pour rajeunir l’administration, libérer des postes, et permettre l’avancement des plus jeunes.
-
Mécanisation et budgétisation des nouvelles unités et des agents non pris en charge : de nombreux agents enseignent ou travaillent sans être officiellement reconnus, sans salaire régulier. Une situation intenable.
-
Harmonisation des frais de fonctionnement des services provinciaux : pour éviter les disparités criantes entre provinces riches et provinces pauvres.
Ces recommandations, si elles sont suivies d’effets, contribueraient à améliorer l’efficacité et l’équité du système éducatif.
Le renforcement de l’administration, principe clé du Plan quinquennal
L’atelier s’inscrit dans le deuxième principe directeur du Plan quinquennal 2024-2029, axé sur le renforcement de l’administration. Ce principe souligne l’importance d’une administration robuste pour mettre en œuvre efficacement les réformes éducatives.
Le renforcement de l’administration vise à :
-
Accroître la capacité institutionnelle du ministère et de ses structures déconcentrées,
-
Améliorer la coordination, le suivi et l’évaluation des initiatives éducatives,
-
Rationaliser les procédures,
-
Développer les compétences du personnel,
-
Améliorer la gestion des ressources.
Des objectifs ambitieux, mais indispensables pour transformer le système éducatif congolais.
Les réformes du système éducatif en RDC
Sous la conduite de Raïssa Malu, la RDC est en plein processus de réformes. L’objectif est double : améliorer la qualité de l’enseignement et rendre l’administration éducative plus efficace.
Les principaux objectifs de la réforme sont :
-
Optimiser les ressources humaines et financières existantes,
-
Améliorer les conditions socio-professionnelles du personnel enseignant et administratif,
-
Impliquer les communautés dans la gestion des établissements scolaires,
-
Renforcer la gouvernance du système éducatif pour une transparence accrue.
Les actions concrètes déjà entreprises incluent :
-
La mise en place de normes et critères pour la création d’établissements scolaires,
-
La révision des cadres organiques des services administratifs,
-
La formation et le recyclage des enseignants,
-
L’introduction de technologies émergentes dans l’enseignement,
-
La promotion de l’équité et de l’inclusion.
Le soutien des partenaires internationaux
Les partenaires internationaux, tels que l’UNESCO et la Banque mondiale, soutiennent ces réformes. Ils apportent une expertise technique, des financements, et une pression bienveillante pour que les engagements soient tenus.
L’objectif est d’améliorer la qualité de l’éducation et d’atteindre les objectifs de développement durable, en particulier l’ODD4 (éducation de qualité pour tous).
Un système éducatif en transformation
Ces efforts visent à transformer le système éducatif congolais pour offrir une éducation de qualité à tous les enfants du pays. Un défi immense, dans un pays où les salles de classe sont surpeuplées, les manuels rares, les enseignants sous-payés, et les inégalités criantes.
Mais une dynamique est en marche. Celle de la prise de conscience collective. Celle de la volonté politique. Celle de l’espoir, peut-être.
Les directeurs provinciaux, formés lors de cet atelier, sont désormais les fers de lance de cette transformation. Ils repartent dans leurs provinces avec une mission : appliquer les nouvelles orientations, produire des données fiables, intégrer les technologies, gérer avec performance.
La route est longue
Le chemin est long. Les obstacles sont nombreux. Les habitudes sont tenaces. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la formation des cadres. Celui de l’alignement sur un plan quinquennal. Celui de l’engagement au plus haut niveau.
Raïssa Malu a lancé le mouvement. Les directeurs provinciaux se sont engagés à le suivre. Reste maintenant à transformer les intentions en actes, les promesses en réalités.
Les enfants congolais, ceux qui remplissent les classes surpeuplées, ceux qui apprennent sur des bancs cassés, ceux qui rêvent d’un avenir meilleur, attendent. Ils attendent que les réformes se concrétisent. Ils attendent que l’éducation, enfin, devienne une priorité nationale.
La formation des directeurs provinciaux est une pierre à l’édifice. D’autres suivront. Et peut-être, un jour, le système éducatif congolais sera à la hauteur des ambitions du pays. Pour le bien-être de ses enfants, et pour le développement de la nation tout entière.



