Le monde humanitaire traverse une période sombre. La République démocratique du Congo paie un lourd tribut. En trois ans, 25 travailleurs humanitaires ont perdu la vie. Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, a révélé ce chiffre lors d’une séance du Conseil de sécurité des Nations unies à New York.
À l’échelle mondiale, la situation s’aggrave encore. En 2025, 326 humanitaires ont été tués. Ce chiffre dépasse largement la moyenne habituelle. Ainsi, le système de protection montre aujourd’hui de sérieuses failles.
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Lors de son intervention, Tom Fletcher a adopté un ton grave. Il a exprimé de la tristesse, mais aussi de la colère. Surtout, il a dénoncé l’impunité persistante et l’indifférence croissante.
Une explosion des violences contre les humanitaires
Les chiffres confirment l’ampleur de la crise. En effet, au moins 326 humanitaires ont perdu la vie en 2025 dans 21 pays. Sur trois ans, le bilan dépasse désormais les 1 000 morts.
Certaines zones concentrent les violences. Gaza et la Cisjordanie enregistrent plus de 560 décès. Le Soudan en compte 130, suivi du Soudan du Sud avec 60. L’Ukraine et la République démocratique du Congo totalisent chacune 25 morts.
Par comparaison, les trois années précédentes comptaient 377 décès. La hausse est donc brutale. Pour Tom Fletcher, cette évolution traduit un effondrement du système de protection.
Sur le terrain, la réalité est alarmante. Des frappes touchent des zones humanitaires. Des convois sont attaqués. D’autres équipes tombent dans des embuscades. Ainsi, les humanitaires deviennent des cibles directes.
Face à cela, la résolution 2730 du Conseil de sécurité des Nations unies peine à produire des effets. Dès lors, une question se pose : pourquoi ces engagements restent-ils sans conséquences ?
Une crise aggravée par le manque de moyens
En parallèle, les financements diminuent. Cette baisse fragilise encore davantage les opérations sur le terrain.
Selon Tom Fletcher, cette combinaison est dangereuse. D’un côté, les violences augmentent. De l’autre, les moyens reculent. Le système humanitaire subit donc une pression constante.
La situation est particulièrement critique en République démocratique du Congo. Dans l’Est, les besoins explosent alors que les ressources restent limitées.
Le Plan de réponse humanitaire 2025 s’élève à 2,54 milliards de dollars. Pourtant, seuls 22 % ont été financés, selon Jean-Pierre Lacroix.
Aujourd’hui, plus de 5,3 millions de personnes sont déplacées. En parallèle, 21,2 millions ont besoin d’une aide urgente. La pression ne cesse donc d’augmenter.
Le 11 mars, un drame a marqué les esprits. Karine Buisset, humanitaire de l’UNICEF, a été tuée lors d’une frappe de drone à Goma. À la suite de cette attaque, Emmanuel Macron a condamné les faits et rappelé l’importance du droit humanitaire.
L’urgence d’une réaction internationale
Dans l’Est congolais, plusieurs groupes armés restent actifs. Parmi eux, le M23 est régulièrement cité pour ses exactions. Les humanitaires, pourtant essentiels, deviennent des cibles.
Face à cette situation, l’ONU et les ONG lancent un appel urgent. Elles demandent un accès sécurisé et des mesures concrètes de protection.
Le droit international humanitaire est clair. Les humanitaires sont des civils. Par conséquent, ils ne doivent jamais être visés.
Aujourd’hui, le constat est sans appel. Les attaques se multiplient. Les financements diminuent. Et les règles sont de moins en moins respectées.
Pour Tom Fletcher, le temps des discours est terminé. Les États doivent agir. Ils doivent sanctionner les responsables et garantir la protection des humanitaires.
Derrière les chiffres, il y a des vies. Des hommes et des femmes engagés, morts en aidant les autres.
Une question reste donc posée : la communauté internationale va-t-elle enfin passer à l’action ?



