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Raïssa Malu forme les directeurs provinciaux pour réformer la gouvernance scolaire

L'éducation congolaise se cherche un second souffle. Ce mardi 7 avril 2026 à Kinshasa, la Ministre d'État, Ministre de l'Éducation…

L’éducation congolaise se cherche un second souffle. Ce mardi 7 avril 2026 à Kinshasa, la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a inauguré un atelier de renforcement des capacités en gestion administrative destiné aux directeurs provinciaux de l’Éducation nationale (PROVED). Pendant trois jours, du 7 au 9 avril, ces responsables issus des 60 provinces éducationnelles du pays vont plancher sur les moyens d’améliorer la gouvernance du secteur. Clarification des responsabilités, coordination renforcée, gestion des urgences : l’ambition est à la hauteur des défis.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée dans une salle comble du ministère, en présence des cadres de l’administration centrale et des représentants des partenaires techniques et financiers. Raïssa Malu, visiblement déterminée, a tenu un discours sans concession.

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« L’éducation occupe une place stratégique dans le développement de notre nation, inscrite dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Pour concrétiser cette ambition, nous devons impérativement consolider notre gouvernance administrative, conformément à l’axe 3 de notre Plan stratégique », a-t-elle martelé.

Un Plan quinquennal pour l’excellence

L’atelier s’inscrit dans le cadre du Plan quinquennal 2024-2029, une feuille de route ambitieuse adoptée par le gouvernement. Son objectif affiché : « faire du système éducatif congolais un modèle d’excellence ».

Pour atteindre un tel objectif, la formation des cadres est indispensable. Les PROVED, véritables rouages de la machine éducative, sont en première ligne. Ce sont eux qui doivent décliner les politiques nationales au niveau local, gérer les personnels, allouer les ressources, évaluer les résultats.

L’atelier vise à les outiller sur les mécanismes de gestion et de pilotage du système éducatif. Une meilleure coordination des politiques éducatives sur l’ensemble du territoire est attendue.

Vision politique et exécution administrative

Raïssa Malu a insisté sur la synergie nécessaire entre vision politique et exécution administrative. Une belle stratégie au sommet ne sert à rien si elle n’est pas comprise, appropriée, mise en œuvre par les échelons provinciaux.

« L’ambition est de faire du système éducatif congolais un modèle d’excellence », a répété la Ministre d’État. Une formule forte, qui engage. Mais pour qu’elle devienne réalité, il faut des directeurs provinciaux compétents, motivés, intègres.

Rupture et Nouvelle Citoyenneté

Dans son adresse aux directeurs provinciaux, Raïssa Malu a également appelé à une transformation profonde des mentalités. Le temps de l’inertie, des routines, des compromissions est révolu.

« Cela exige de votre part une rupture totale avec l’inertie et une adhésion rigoureuse aux valeurs de la Nouvelle Citoyenneté, véhiculées notamment par le Serment du Citoyen », a-t-elle déclaré.

La « Nouvelle Citoyenneté » est un concept cher au pouvoir actuel. Il s’agit de promouvoir le civisme, la responsabilité, l’intégrité, le sens de l’intérêt général. Appliqué à l’éducation, cela signifie que les directeurs provinciaux doivent donner l’exemple, lutter contre la corruption, respecter les règles, servir la nation.

Les attentes du gouvernement

L’atelier doit répondre à des attentes précises du gouvernement. Raïssa Malu les a listées :

  • Clarification des responsabilités : définir le rôle de chaque acteur dans la chaîne de décision. Trop souvent, les compétences s’emmêlent, les chevauchements se multiplient, les blocages s’installent.

  • Coordination renforcée : assurer une liaison efficace entre l’administration centrale et les entités provinciales. L’information doit circuler, les décisions doivent être appliquées, les résultats doivent être remontés.

  • Gestion des urgences : optimiser le suivi de la paie des enseignants et la gestion des carrières. Ces sujets, sensibles, sont souvent source de tensions sociales.

Les priorités de Raïssa Malu

Depuis son arrivée au ministère de l’Éducation Nationale, Raïssa Malu marque son empreinte par des réformes et des initiatives. Ses priorités sont claires.

1. Gratuité de l’enseignement primaire : la Ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à maintenir cette mesure, inscrite dans la Constitution. La gratuité est un acquis social majeur, mais sa mise en œuvre effective reste imparfaite.

2. Modernisation des infrastructures : construction de nouvelles salles de classe, rénovation des établissements existants. Les besoins sont immenses, les moyens limités.

3. Intégration des technologies : l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) est encouragée pour améliorer l’apprentissage. Dans un monde numérique, l’école congolaise ne peut pas rester à la traîne.

4. Formation des enseignants : des programmes de formation continue sont mis en place pour renforcer les compétences des maîtres. Un enseignant bien formé, c’est une classe qui progresse.

5. Accès à l’éducation : l’accès à l’éducation pour tous, notamment dans les zones rurales, reste un défi. Les disparités entre provinces sont criantes.

6. Plan quinquennal 2024-2029 : une feuille de route ambitieuse pour faire du système éducatif congolais un modèle d’excellence en Afrique.

7. Dialogue avec les partenaires : la Ministre a engagé un dialogue avec les syndicats et les partenaires pour améliorer les conditions de travail des enseignants. La paix sociale est une condition de la réforme.

Un défi de taille

Les défis sont immenses. Le système éducatif congolais souffre de maux chroniques : manque de moyens, formation insuffisante des enseignants, inégalités d’accès, faibles résultats scolaires.

Le Plan quinquennal 2024-2029 est une tentative de réponse ambitieuse. Mais pour qu’il réussisse, il faut que les directeurs provinciaux, formés lors de cet atelier, soient à la hauteur.

L’enjeu est de taille. L’éducation est le levier le plus puissant pour le développement. Un pays qui éduque mal sa jeunesse se condamne à la pauvreté, à l’instabilité, à la dépendance.

La RDC, avec ses immenses ressources naturelles et humaines, a les moyens de réussir. Encore faut-il une volonté politique, une administration compétente, une société civile vigilante.

L’avenir commence aujourd’hui

Pendant trois jours, les 60 directeurs provinciaux vont échanger, se former, se projeter. À la sortie, ils seront, espère Raïssa Malu, mieux armés pour affronter leurs responsabilités.

La Ministre d’État les a placés face à leur devoir envers la nation. « L’efficacité du système éducatif repose sur l’intégrité », a-t-elle rappelé. « Travaillez avec lucidité et sens de l’intérêt général. »

Des mots forts, qui engagent. Les PROVED sont désormais attendus au tournant. Les réformes annoncées doivent se concrétiser. La gratuité doit être effective. Les infrastructures doivent sortir de terre. Les enseignants doivent être formés. Les élèves doivent apprendre.

Le chemin est long. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la formation des cadres. Celui de la prise de conscience collective. Celui de l’espoir, peut-être.

Raïssa Malu, en lançant cet atelier, a montré sa détermination. Reste à savoir si les directeurs provinciaux, et plus largement tout le système éducatif, seront à la hauteur. L’avenir de la jeunesse congolaise en dépend. Et avec lui, l’avenir du pays tout entier.

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