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Nuit de feu sur Goma : une frappe de drone tue une humanitaire Française

Goma, 11 mars 2026 – La nuit devait être calme, bercée par les clapotis du lac Kivu. Elle a été déchirée…

Goma, 11 mars 2026 – La nuit devait être calme, bercée par les clapotis du lac Kivu. Elle a été déchirée par le rugissement des drones et le souffle des explosions. Dans l’obscurité, entre mardi et mercredi, la ville de Goma, sous contrôle du M23, a vécu une nouvelle nuit de terreur.

Deux détonations. Deux impacts. Le premier drone, selon des sources concordantes, aurait terminé sa course dans les eaux sombres du lac, avalé par les profondeurs. Le second, lui, a trouvé sa cible. Il s’est écrasé sur une habitation du quartier de Katindo, un secteur résidentiel central où le pouvoir et l’argent ont tissé leurs toiles.

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Quand les secours ont pu approcher les décombres fumants, ils ont découvert l’horreur. Trois corps sans vie. Et parmi eux, le visage d’une tragédie internationale : une humanitaire française, employée par l’Unicef, tuée dans ce qui devait être son refuge.

L’émoi jusqu’à Paris et Bruxelles

Aux premières lueurs de l’aube, l’information a fait l’effet d’une bombe diplomatique. Depuis Paris, le président Emmanuel Macron a brisé le silence avec une solennité funèbre. Dans un message diffusé sur le réseau social X, il a adressé à la famille de la victime « le soutien et l’émotion de la Nation ». Avant d’ajouter, comme un avertissement : il est impératif de respecter le droit humanitaire et de protéger ceux qui, au péril de leur vie, viennent en aide aux populations.

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Même ton, même gravité, depuis Bruxelles. Hadja Lahbib, la commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire, a condamné sans détour cette frappe. « Une frappe de drone a touché un immeuble résidentiel à Goma, en RDC, où vivent des travailleurs humanitaires et du personnel de l’Union européenne », a-t-elle déclaré. Son message, cinglant, résonne comme un rappel à l’ordre : « Les travailleurs humanitaires ne doivent jamais être pris pour cibles. Le droit international humanitaire doit être respecté, toujours. »

Un quartier sous haute tension

Sur place, à Goma, le spectacle est saisissant. Vers 9 heures locales, une équipe du mécanisme conjoint de vérification de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) ainsi que des casques bleus de la Monusco arpentent les lieux. De la résidence pulvérisée, une fumée âcre s’élève encore, mêlée à l’odeur de la mort et du béton calciné.

Le choix du quartier interroge. Katindo n’est pas un lieu anonyme. Il abrite plusieurs officiels et anciens dignitaires. Le complexe visé se trouve à une centaine de mètres à peine de la demeure d’Olive Kabila, l’épouse de l’ancien président Joseph Kabila. Ce dernier, récemment condamné à mort par la justice congolaise pour ses liens présumés avec la rébellion, n’était pas présent sur les lieux cette nuit. Mais la proximité est troublante.

La guerre des accusations

Dans ce climat surchauffé, chaque camp avance ses pions. L’AFC/M23, qui contrôle Goma, n’a pas attendu pour désigner un coupable. Le groupe rebelle accuse directement Kinshasa d’être le commanditaire de cette frappe. Une accusation grave, qui transforme cet événement en un casus belli potentiel.

Pour l’heure, les autorités de Kinshasa n’ont pas réagi officiellement. Mais dans l’est de la RDC, une certitude s’impose : la guerre a changé de dimension. Les drones, ces engins silencieux qui survolent désormais les villes, ne font plus la différence entre un poste militaire et un quartier résidentiel. Entre un combattant et une humanitaire endormie.

 alors que les drapeaux Français et Européens pourraient bientôt flotter en berne, Goma pleure ses morts et regarde, impuissante, un conflit qui s’invite jusque dans ses chambres à coucher. La communauté internationale, cette fois, est touchée au cœur. Reste à savoir quelle sera sa réponse.

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