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Nord-Kivu : accalmie précaire à Kelembe et Kalonge après de violents combats

Le calme est revenu depuis ce lundi 13 avril 2026 à Kelembe et Kalonge, deux localités situées entre Masisi et…

Le calme est revenu depuis ce lundi 13 avril 2026 à Kelembe et Kalonge, deux localités situées entre Masisi et Walikale, au Nord-Kivu. Pourtant, la nuit de dimanche a été marquée par des affrontements violents. En effet, les combattants Wazalendo ont attaqué les positions de l’AFC/M23. Des échanges de tirs ont aussitôt plongé la population dans la panique.

Selon un bilan provisoire, au moins deux personnes ont perdu la vie, dont un civil et un combattant rebelle. Malgré cette offensive, les Wazalendo n’ont pas réussi à reprendre le contrôle de la zone. Ainsi, l’AFC/M23 reste maître du terrain. La situation demeure donc instable, malgré une accalmie apparente.

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Une nuit de peur pour les habitants

Dimanche soir, les habitants ont vécu des heures d’angoisse. Les tirs ont retenti dans plusieurs quartiers, forçant les familles à se confiner chez elles. Par conséquent, la circulation a totalement cessé. La peur a gagné toute la zone.

D’après des sources locales, les affrontements ont également entraîné des pillages. Les populations, déjà fragilisées, ont perdu une partie de leurs biens. En plus des victimes humaines, les dégâts matériels aggravent la crise.

Une guerre sans vainqueur

Sur le plan militaire, les résultats restent limités. Les Wazalendo n’ont pas réussi à déloger les rebelles. En revanche, l’AFC/M23 conserve ses positions. De ce fait, aucun camp ne revendique une victoire claire.

Une fois encore, ce sont les civils qui paient le prix le plus lourd. Ils subissent les combats sans protection réelle. Pendant ce temps, les lignes de front continuent d’évoluer.

Une région toujours sous tension

Globalement, la situation sécuritaire reste très fragile au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les territoires de Masisi et Walikale connaissent des affrontements réguliers. D’un côté, les groupes armés locaux comme les Wazalendo et Maï-Maï. De l’autre, l’AFC/M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda.

Progressivement, les combats s’étendent à plusieurs zones. Aucune région ne reste totalement épargnée. Ainsi, les civils vivent dans une insécurité permanente.

Une crise humanitaire qui s’aggrave

Par ailleurs, les conséquences humanitaires deviennent dramatiques. Les marchés ferment, les champs sont abandonnés et les routes deviennent impraticables. En conséquence, la famine et les maladies progressent.

Les déplacements de population se multiplient. De nombreuses familles fuient vers des camps surpeuplés. Là-bas, les conditions de vie restent très précaires : manque d’eau, de nourriture et de soins.

Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme :

  • des violences sexuelles sont signalées,
  • l’accès à l’eau potable reste limité,
  • les soins médicaux sont insuffisants,
  • la sécurité alimentaire est critique.

Des chiffres qui inquiètent

Les données récentes confirment l’ampleur de la crise. Depuis le début de l’année 2026 :

  • plus de 740 000 personnes ont été déplacées,
  • environ 6,7 millions de déplacés internes sont recensés,
  • les femmes représentent plus de la moitié des déplacés,
  • la majorité des déplacements est liée aux violences armées.

Derrière ces chiffres, des vies entières sont bouleversées. Des familles sont séparées, des enfants grandissent dans la peur, et des communautés entières sont déracinées.

Un accord de paix en difficulté

Sur le plan politique, l’accord de Doha, signé en juillet 2025, devait stabiliser la région. Il prévoyait notamment un cessez-le-feu, le retrait des rebelles et le retour de l’autorité de l’État.

Cependant, sa mise en œuvre reste très partielle. Sur le terrain, les combats continuent. De plus, la méfiance entre les parties bloque les avancées.

Les médiations internationales peinent à relancer le processus. Ainsi, la paix promise reste fragile et incomplète.

Des blocages multiples

Plusieurs facteurs expliquent cette impasse. D’abord, la méfiance entre Kinshasa et les rebelles reste forte. Ensuite, les enjeux liés aux ressources minières compliquent les négociations. Enfin, la faiblesse des institutions sécuritaires freine la stabilisation.

En outre, les positions divergentes des acteurs internationaux limitent l’efficacité des médiations. Par conséquent, aucun consensus solide ne se dégage.

Une urgence humanitaire persistante

Face à cette situation, les besoins humanitaires explosent. Les ONG demandent :

  • un accès sécurisé aux zones touchées,
  • un financement renforcé de l’aide d’urgence,
  • une meilleure protection des civils,
  • des solutions durables pour les déplacés.

Cependant, les financements internationaux diminuent. D’autres crises mondiales attirent davantage l’attention. Ainsi, la RDC reste en grande partie en marge des priorités globales.

Une paix encore incertaine

Pour l’instant, l’accalmie observée à Kelembe et Kalonge reste fragile. Les habitants vivent dans l’attente d’un éventuel retour des combats. Malgré tout, ils espèrent une stabilisation durable.

En définitive, seule une application réelle des accords de paix et un engagement renforcé des acteurs concernés pourront changer la situation. Sans cela, l’Est de la RDC restera prisonnier d’un cycle de violence.

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