Politique




Norbert Basengezi Katintima élu deuxième vice-président avec 87 voix

L'Union sacrée a tenu son rang. Ce vendredi 3 avril 2026, Norbert Basengezi Katintima a été élu deuxième vice-président du…

L’Union sacrée a tenu son rang. Ce vendredi 3 avril 2026, Norbert Basengezi Katintima a été élu deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo. Candidat unique de la majorité présidentielle, il a obtenu 87 voix sur 95 suffrages exprimés. Un score sans appel qui consacre le sénateur du Sud-Kivu, ancien dirigeant de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), au perchoir de la Chambre haute. Il succède à Modeste Bahati Lukwebo, également originaire du Sud-Kivu, qui avait démissionné après une pétition pour « incompétence ».

L’annonce des résultats a été faite par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, à l’issue du scrutin. Sur les 95 bulletins dépouillés, Norbert Basengezi Katintima a recueilli 87 voix pour, 5 voix contre et 3 bulletins nuls. Une majorité écrasante qui témoigne de la discipline de vote imposée par l’Union sacrée de la Nation (USN).

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L’élection, bien que formelle, n’en était pas moins importante. Après la démission surprise de Modeste Bahati Lukwebo, la majorité présidentielle devait rapidement pourvoir le poste laissé vacant, afin d’éviter tout dysfonctionnement dans l’organisation des travaux de la Chambre haute.

Un candidat unique après plusieurs retraits

La course à la vice-présidence n’a pourtant pas été aussi simple qu’il n’y paraît. Plusieurs candidatures avaient été déposées, avant de se retirer les unes après les autres.

La première à jeter l’éponge fut Mariane Bakiele. Dans une lettre datée du 1er avril, elle a officiellement annoncé son retrait, expliquant sa décision par la nécessité de se conformer au choix de l’Union sacrée, sa famille politique, et par respect pour le chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Ensuite, ce fut au tour de Françoise Bemba Ndokwa. La sénatrice du Mouvement de libération du Congo (MLC) a vu sa candidature retirée par sa propre formation politique, qui a choisi de soutenir le candidat de la majorité.

À la veille du scrutin, Norbert Basengezi Katintima se retrouvait donc seul en lice. La commission spéciale chargée d’examiner les candidatures, présidée par le sénateur Gabriel Bolenge, a pris acte de ces retraits et validé l’unique candidature restante.

Un parcours qui a fait consensus

Norbert Basengezi Katintima n’est pas un inconnu. Ancien dirigeant de la CENI, il a piloté plusieurs scrutins majeurs, dont les élections de 2018 et 2023. Son expérience institutionnelle, sa connaissance des rouages de l’État et sa réputation de technocrate ont pesé dans son choix par l’Union sacrée.

Originaire du Sud-Kivu, comme son prédécesseur Modeste Bahati Lukwebo, il assure une continuité géographique, mais aussi politique. L’Union sacrée, en le choisissant, a voulu un profil consensuel, capable de rassembler au-delà des clivages partisans.

Les 87 voix obtenues, y compris certains soutiens de l’opposition, montrent que ce pari a été réussi. Norbert Basengezi incarne désormais la stabilité et l’expérience, des qualités recherchées pour le poste de deuxième vice-président.

Une élection dans la continuité de la démission de Bahati

Cette élection intervient dans le sillage de la démission de Modeste Bahati Lukwebo, survenue le 18 mars 2026. L’ancien deuxième vice-président avait préféré jeter l’éponge plutôt que d’affronter une procédure de destitution engagée contre lui.

Une pétition visant sa déchéance pour « incompétence » avait été déposée le 16 mars. Elle avait recueilli 83 signatures sur 109 sénateurs, un score accablant. Face à cette défiance massive, Bahati avait choisi de se retirer.

« Je me disais que ça ne sert à rien d’engager un bras de fer avec mes collègues », avait-il déclaré à l’époque, avant de remettre sa lettre de démission au président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde.

Le Sénat avait pris acte de cette démission le samedi 21 mars, lors d’une séance plénière. La commission spéciale chargée d’examiner la pétition avait alors clos ses travaux, estimant que la démission rendait caduque la procédure.

Un nouveau départ pour le Sénat

Avec l’élection de Norbert Basengezi Katintima, le Sénat tourne une page. L’ère Bahati, marquée par des tensions et des controverses, est désormais close. Place à un nouveau tandem à la tête de la Chambre haute, avec Jean-Michel Sama Lukonde (président) et Norbert Basengezi (deuxième vice-président).

Reste maintenant à savoir si le nouveau bureau saura restaurer la sérénité et l’efficacité dans les travaux parlementaires. Les défis sont nombreux : examen des lois, contrôle de l’action du gouvernement, représentation des provinces.

Le deuxième vice-président aura un rôle clé à jouer. En l’absence du président, il peut être amené à le suppléer. Il participe à l’organisation des travaux, à la gestion des débats, à la représentation de l’institution.

Norbert Basengezi, avec son expérience, semble taillé pour ces missions. Les prochains mois diront si l’Union sacrée a fait le bon choix.

L’opposition en retrait

L’opposition, elle, est restée discrète lors de cette élection. Aucun candidat adverse n’a été présenté. Les 5 voix contre enregistrées pourraient provenir de sénateurs indépendants ou d’une opposition ayant voulu marquer son désaccord, mais sans aller jusqu’à présenter une alternative.

Un signe que, sur ce dossier, l’opposition a choisi de ne pas faire de la résistance systématique un principe. L’élection de Norbert Basengezi, vu comme un profil technique, n’a pas suscité d’opposition farouche.

Reste à voir si cette « trêve » se prolongera sur d’autres dossiers, ou si elle était uniquement circonstancielle.

Un signal de stabilité

Au-delà du nom du nouvel élu, c’est un signal politique qui a été envoyé. L’Union sacrée, malgré ses divisions internes, est capable de s’entendre sur un candidat unique. La discipline de vote a été respectée. Et le Sénat, souvent perçu comme une chambre d’enregistrement, a montré qu’il pouvait fonctionner avec efficacité.

Norbert Basengezi Katintima entame son mandat. Il a promis de travailler pour l’intérêt général, de respecter les institutions et d’être à l’écoute des sénateurs, quelle que soit leur appartenance politique.

Les mots sont importants. Mais seuls les actes compteront. Le nouveau deuxième vice-président du Sénat sait qu’il sera jugé sur ses résultats. Les sénateurs, eux, lui accorderont peut-être un crédit de confiance. Après les turbulences de l’ère Bahati, le Sénat a besoin de stabilité. Norbert Basengezi est là pour la lui offrir. Reste à savoir s’il saura saisir sa chance.

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