Culture




Musika Na Kipaji : à Goma, la culture comme arme de paix et de résilience féminine

Dans l’Est de la République démocratique du Congo, les armes ont longtemps imposé leur loi. Pourtant, la culture s’affirme aujourd’hui…

Dans l’Est de la République démocratique du Congo, les armes ont longtemps imposé leur loi. Pourtant, la culture s’affirme aujourd’hui comme un langage de résistance et d’espoir. Ainsi, du vendredi 27 au dimanche 29 mars, Goma et la localité de Shasha accueillent la 7e édition du festival Musika Na Kipaji. Cette année, l’événement met à l’honneur la résilience féminine comme moteur de paix. Au-delà des spectacles, les organisateurs poursuivent un objectif clair : transformer les traumatismes en opportunités de dialogue.

Créé en 2019 par l’association Musika Na Kipaji (mnK/Asbl), le festival repose sur une idée simple. Dans une région marquée par les conflits, les populations ont besoin d’espaces pour s’exprimer. Elles doivent aussi pouvoir rêver et se projeter.

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Sa devise, « Rêve, travaille, inspire », résume cette ambition. En effet, il ne s’agit pas seulement de divertir. Le festival utilise la musique, la danse et la parole comme des outils de reconstruction sociale.

Les femmes au cœur de l’édition 2026

Cette année, les organisateurs placent les femmes au centre du projet. Dans les conflits de l’Est, elles restent les premières victimes. Elles subissent des violences, des déplacements forcés et des pertes familiales.

Cependant, elles participent peu aux processus de paix. Les espaces de décision leur échappent souvent. Face à ce constat, le festival veut changer les choses. Il leur offre une scène et renforce leur visibilité.

Ainsi, Musika Na Kipaji encourage leur rôle dans la construction de la paix. Ce choix envoie un message fort. Dans le contexte actuel, la résilience du Kivu passe aussi par les femmes.

Un programme entre formation et culture

Pendant trois jours, le festival propose des activités variées. D’abord, les organisateurs misent sur la formation. Soixante jeunes leaders suivront un programme axé sur l’art et la paix. L’objectif consiste à former une génération engagée.

Ensuite, une grande journée culturelle rassemblera entre 3 000 et 5 000 participants. Ce moment favorisera la guérison collective. Dans une région marquée par les traumatismes, ces espaces restent essentiels.

Par ailleurs, le film RIZIKI sera projeté. Il servira de base à des échanges sur la résilience et la coexistence. Ces discussions permettront d’aborder des sujets sensibles.

Enfin, le 29 mars, le Foyer culturel de Goma accueillera une journée artistique. La programmation mettra en avant des talents locaux. Ainsi, le festival valorise la richesse culturelle du Kivu.

Une scène artistique dynamique

Le festival réunira plusieurs artistes de la scène locale et régionale. Parmi eux figurent Miss Mell, Detty Darba, Mme Moury, Sivan, Charmeuse Muse, Esther Chirezi, Jully Mus, Staner et Kim Chanceline.

En parallèle, les arts de la scène auront une place importante. Le Folk intercommunautaire du Kivu, le collectif Arcenic Girls et des acrobates se produiront. Le groupe Vision Band Music accompagnera ces performances.

Ainsi, la diversité artistique reflète le dynamisme culturel de la région.

Une plateforme de transformation sociale

Au-delà des spectacles, le festival joue un rôle social majeur. L’association Musika Na Kipaji agit toute l’année à Goma. Elle travaille sur les droits humains, l’éducation citoyenne et l’autonomisation des femmes.

Grâce à plus de 60 bénévoles, elle crée des espaces de dialogue. Elle encourage aussi la créativité et la reconstruction. Dans un contexte difficile, ces initiatives deviennent essentielles.

La culture comme résistance

Dans ce contexte, le festival dépasse le cadre artistique. Il devient un acte de résistance. Il s’oppose à l’oubli et à la banalisation de la violence.

En réunissant des milliers de personnes, l’événement envoie un signal fort. Le Kivu ne se résume pas aux conflits. Il porte aussi une énergie créative et une volonté de vivre.

Pendant trois jours, Goma et Shasha vibreront au rythme des artistes. Pour les participants, ce sera un moment d’espoir. Pour les organisateurs, c’est une étape de plus. Leur objectif reste clair : faire de la culture un levier durable de paix dans l’Est de la RDC.

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