La tension monte autour de l’une des figures influentes de la scène politique congolaise. Modeste Bahati Lukwebo, président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) et deuxième vice-président du Sénat, est dans la tourmente. Son parti dénonce, ce mercredi 18 mars 2026, une vaste campagne de dénigrement qui mêlerait pressions fiscales, menaces sécuritaires et manœuvres politiques pour l’abattre.
Dans un communiqué signé par son secrétaire général Guy-Richard Malongo, l’AFDC tire la sonnette d’alarme. Son autorité morale ferait l’objet d’un « acharnement » méthodique, à trois niveaux : politique, fiscal et sécuritaire. L’objectif, selon le parti, est clair : « le discréditer et le faire taire ».
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Cette offensive intervient dans un contexte précis. Elle fait suite, selon la formation politique, à une récente sortie médiatique de Modeste Bahati sur la problématique du respect des textes en République démocratique du Congo. Une prise de parole qui aurait déplu, déclenchant des représailles organisées.
Des « faux redressements fiscaux » et des « projets macabres »
Le communiqué de l’AFDC ne fait pas dans la demi-mesure. Il évoque des « détracteurs » qui ne dorment pas, « concoctant des projets macabres sur fonds de jalousie, haine et méchanceté ».
Le but ultime de ce complot présumé ? Rien de moins que la « spoliation pure et simple de l’ensemble du patrimoine immobilier, chèrement et honnêtement acquis par le Professeur Modeste Bahati et sa famille ». Une accusation grave, qui dépasse le simple règlement de comptes politique pour toucher à la sécurité des biens d’une figure majeure de l’establishment.
Selon l’AFDC, l’arsenal utilisé contre son président est rodé. Des « faux redressements fiscaux » seraient instrumentalisés par des services de l’État pour asphyxier financièrement le leader politique et justifier une mainmise sur ses biens.
Parallèlement, le volet sécuritaire serait activé. Le parti dénonce des « pressions et menaces » exercées sur ses élus. Députés, sénateurs et cadres de l’AFDC subiraient des tentatives de débauchage, avec pour objectif de « créer la dissidence » et d’affaiblir le groupe parlementaire de Bahati.
83 signatures pour une déchéance au Sénat
Le timing de ces accusations n’est pas anodin. La machine judiciaire du Sénat est déjà en marche contre le deuxième vice-président de la chambre haute.
Une pétition visant sa déchéance, initiée par le sénateur Dany Kabongo, est actuellement en cours de traitement. Le chiffre est implacable : elle a recueilli 83 signatures sur les 109 sénateurs que compte l’institution. Une majorité écrasante qui témoigne, à défaut d’une preuve de culpabilité, d’une défiance généralisée au sein de l’hémicycle.
Pour l’AFDC, cette pétition n’est qu’un instrument de plus dans une entreprise plus vaste de liquidation politique. Elle s’inscrirait dans le cadre de ce qu’ils nomment l’« acharnement » contre leur leader.
Un appel à la communauté internationale
Face à ce qu’il considère comme une offensive tous azimuts, le parti de Modeste Bahati change de braquet. Il ne s’adresse plus seulement aux institutions congolaises, dont il doute visiblement de l’impartialité, mais aussi à la communauté internationale.
L’AFDC « alerte » les partenaires étrangers de la RDC et appelle les Institutions de la République à « assurer les droits et la propriété privée » de son autorité morale. Un appel au secours qui vise à internationaliser l’affaire et à mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il garantisse l’intégrité physique et patrimoniale de l’opposant.
Reste à démêler, dans cette affaire, ce qui relève d’une véritable cabale politique, de règlements de comptes internes à la majorité, ou d’éventuelles procédures légitimes de contrôle des avoirs et de discipline parlementaire. Une certitude : le combat de Modeste Bahati ne fait que commencer, et l’issue de cette bataille influencera durablement les équilibres politiques au sommet de l’État congolais.


