Paris, 25 février 2026 – Sous les lustres de l’Élysée, l’ambiance était à la gravité. Ce mercredi, autour d’un déjeuner de travail, deux présidents, Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron, n’ont pas fait de la figuration. Ils ont parlé vrai. Ils ont parlé dur. Et au sortir de la table, une chose est claire : la France a choisi son camp dans le bras de fer qui déchire l’Est de la RDC.
Le décor était planté d’avance. D’un côté, le président congolais, venu avec le poids d’un pays meurtri, les poches pleines de rapports sur les exactions, les viols, les villages calcinés sous « l’occupation militaire rwandaise ». De l’autre, le chef de l’État français, garant d’une certaine idée du droit international, mais aussi partenaire historique de la région des Grands Lacs.
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Dès les premières bouchées, Félix Tshisekedi a levé le voile sur « l’ampleur des défis ». Pas de langue de bois. Le message était direct : la situation sécuritaire dans l’Est n’est pas une crise de plus, c’est une hémorragie qui vide le corps de la nation. Et face à cette saignée, l’armée congolaise ne peut pas lutter seule contre l’hydre soutenue de l’extérieur. Le président a plaidé pour un « soutien accru de la communauté internationale ».
L’appel n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. À l’issue des échanges, qualifiés de « constructifs » par les services de la présidence congolaise, la France a sorti une déclaration qui sonne comme un avertissement à Kigali.
Paris a réaffirmé, avec une solennité rare, « son engagement en faveur du respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la RDC ». En clair, la France regarde, voit, et condamne l’agression. Plus qu’un simple vœu pieux, c’est une épée de Damoclès diplomatique suspendue au-dessus de ceux qui, au Rwanda ou ailleurs, pensent pouvoir violer les frontières internationales sans conséquences.
Mais la table de l’Élysée n’a pas servi qu’à parler de canons et de frontières. Elle a aussi été le théâtre d’une manœuvre d’influence. La candidature de la RDC au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a été au menu.
Pour Kinshasa, c’est une bataille parallèle, mais tout aussi cruciale. Décrocher ce poste, c’est s’offrir une tribune mondiale, une voix qui porte dans le pré carré francophone. Et face à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat, le soutien de Paris est un carburant diplomatique de premier choix.
Ce déjeuner de travail fut donc bien plus qu’une simple formalité protocolaire. Il fut un moment de vérité où les alliances se resserrent. La France, en embrassant la cause congolaise – souveraineté et candidature à l’OIF – envoie un signal fort à la région : le temps de la neutralité bienveillante est peut-être révolu.
Pour Félix Tshisekedi, reparti de Paris avec une promesse de soutien sur l’intégrité territoriale et un appui stratégique pour la Francophonie, ce mercredi marque un point diplomatique majeur. Reste à savoir si les paroles françaises se transformeront en actes concrets sur le terrain, là où le sang continue de couler.



