Kinshasa, 25 février 2026 – Il ne s’agissait pas seulement de discours et de signatures au bas d’un compte-rendu. Ce mercredi, dans une salle de la capitale congolaise, se jouait peut-être l’une des partitions les plus importantes pour l’avenir de millions de Congolais. Sous les projecteurs, non pas des stars, mais des techniciens, des médecins et des diplomates, un message clair a été envoyé : la guerre contre les maladies se gagnera ensemble.
L’ambassade des États-Unis et le gouvernement congolais ont donné le coup d’envoi d’un atelier stratégique, bien loin des protocoles figés. L’objectif ? Tailler sur mesure le costume de l’aide américaine, via les célèbres CDC (Centers for Disease Control and Prevention), pour qu’il épouse parfaitement les réalités et les urgences sanitaires de la RDC.
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Le Chargé d’Affaires de l’Ambassade des États-Unis, Ian J. McCary, a planté le décor avec la précision d’un clinicien. Loin de se contenter de louer une coopération, il en a détaillé les organes vitaux. « Notre coopération a contribué à des systèmes de surveillance des maladies plus performants, des réseaux de laboratoires élargis et renforcés, ainsi qu’à une meilleure capacité de préparation », a-t-il énuméré, dressant le portrait d’un corps médical congolais progressivement équipé pour résister aux chocs épidémiques.
Mais derrière l’énumération des succès, c’est une philosophie qui s’exprime : celle d’un partenariat qui ne se contente pas de transférer des fonds, mais qui construit des fondations. Le représentant américain a insisté sur la fierté de son pays à « se tenir aux côtés » de la RDC, une image de soutien actif, presque fraternel, dans la lutte contre les ennemis invisibles que sont les virus et les bactéries.
- Face à lui, la vice-ministre des Affaires étrangères, Noella Ayeganagato, a endossé le rôle de garant de cette alliance. Avec une formule qui a fait mouche, elle a évoqué « une confiance mutuelle durable » entre les deux nations, un partenariat qui dépasse le simple cadre technique pour toucher à l’essentiel : la santé des populations. En réaffirmant « l’attachement » de Kinshasa à ce partenariat stratégique, elle a envoyé un signal fort : la RDC est prête à prendre le gouvernail de sa propre santé publique, guidée par la boussole de ses priorités nationales.
Le véritable architecte de cette synergie, Delayo Zomahoun, directeur pays du CDC, a levé le voile sur la mécanique de cette revue annuelle. Avec une honnêteté intellectuelle rare, il a expliqué que cet atelier n’était pas un « simple exercice technique », mais la réponse à un souhait légitime du ministère congolais de la Santé : plus de visibilité, plus de transparence, et un alignement parfait entre l’argent investi et les besoins réels de la population.
« Cette revue reflète également une vision stratégique interne du CDC : être réellement en phase avec les priorités nationales », a-t-il insisté. Une déclaration qui sonne comme une promesse : celle de mettre la puissance technique et financière américaine au service d’une vision 100 % congolaise.
Au-delà des mots, c’est tout un système qui se met en ordre de marche. De la surveillance des maladies dans les coins les plus reculés de la forêt équatoriale au renforcement des laboratoires de Kinshasa, en passant par la formation d’une main-d’œuvre qualifiée, ce partenariat revisité est un bouclier que l’on forge contre les épidémies de demain.
Pendant que le monde regarde ailleurs, Kinshasa est en train de devenir, discrètement mais sûrement, un laboratoire géant de la coopération sanitaire. Un endroit où la diplomatie ne se contente pas de parler, mais où elle soigne.



