La RDC signe un contrat majeur pour son port sec de Kwala en Tanzanie et sécurise son corridor central

Jeudi 12 mars 2026, une signature est venue consolider l'ambition logistique de la République démocratique du Congo sur la scène…

Jeudi 12 mars 2026, une signature est venue consolider l’ambition logistique de la République démocratique du Congo sur la scène régionale. À Dar es Salaam, le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a paraphé un contrat de concession avec la société Boston Developers Ltd pour le développement du port sec congolais de Kwala, en Tanzanie. Une étape décisive pour désengorger la chaîne d’approvisionnement du pays et offrir un souffle nouveau à son commerce extérieur.

La cérémonie, empreinte de solennité, s’est déroulée en présence du ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa. Les deux hommes ont salué ce nouveau jalon dans le renforcement de la coopération économique bilatérale, scellant par cet accord la volonté commune de fluidifier les échanges entre l’océan Indien et le cœur du continent.

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45 hectares pour le fret congolais

Si le ministère des Transports est resté discret sur les clauses précises de ce partenariat public-privé, l’enjeu est clair : doter la RDC d’une plateforme logistique souveraine sur le corridor central. Dans ce vaste complexe de Kwala, situé à environ 90 kilomètres du port maritime de Dar es Salaam, la RDC dispose désormais d’une emprise de 45 hectares pour y développer ses propres installations.

Ce port sec ne sera pas un simple entrepôt. Il est conçu comme un outil stratégique intégré. Il doit permettre de faciliter les opérations de dédouanement, d’améliorer la traçabilité du fret congolais, aussi bien à l’import qu’à l’export, et de contribuer à la lutte contre la fraude, ce fléau qui gangrène les circuits commerciaux régionaux. L’objectif est de reprendre le contrôle de la chaîne logistique et d’en chasser les pratiques informelles.

Le temps, cette variable stratégique

Le projet congolais s’inscrit dans la dynamique plus large de la plateforme logistique de Kwala, inaugurée avec faste par la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan le 31 juillet 2025. Ce hub régional, doté d’une connexion au chemin de fer à écartement standard (SGR) et d’installations de stockage modernes, est promis à un bel avenir.

Pour les pays enclavés d’Afrique centrale, dont la RDC est le géant, cette infrastructure est une promesse de renaissance logistique. Les autorités tanzaniennes l’assurent : les délais de transit, qui pouvaient s’étirer sur 15 à 16 jours entre Dar es Salaam et l’arrière-pays, pourraient être réduits à seulement 5 ou 6 jours. Un bond en avant qui transforme l’équation économique pour les importateurs et exportateurs, réduisant les coûts de stockage et accélérant la rotation des marchandises.

Katosho, la porte d’entrée vers l’Est

La stratégie congolaise ne s’arrête pas à Kwala. Dans le cadre de cette coopération logistique élargie, la RDC bénéficie également d’un site à Katosho, situé à Kigoma, sur les rives tanzaniennes du lac Tanganyika. Cette position est cruciale : elle constitue la porte d’entrée naturelle pour les échanges commerciaux avec l’est de la RDC, reliant par voie lacustre les provinces de l’Est au corridor central.

L’ambition de Kinshasa est claire : sécuriser ses corridors d’approvisionnement, améliorer la fluidité de son commerce extérieur et réduire les coûts logistiques. Il s’agit de donner aux opérateurs économiques congolais des outils compétitifs pour intégrer les chaînes de valeur régionales.

Boston Developers, le partenaire choisi

La sélection du partenaire privé, annoncée en 2025 par Jean-Pierre Bemba, s’est donc portée sur Boston Developers Ltd. Présentée comme une entreprise internationale active dans l’ingénierie, la construction et le développement de projets d’infrastructures, elle aura la lourde tâche de transformer les 45 hectares de Kwala en un port sec performant et moderne.

Ce contrat de concession marque ainsi le passage de la promesse à la réalisation. Il reste désormais à bâtir, à équiper et à faire fonctionner cette fenêtre ouverte sur l’océan Indien. Pour la RDC, l’enjeu est existentiel : faire de cette fenêtre une porte grande ouverte sur la prospérité.

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