Pretoria, vendredi 13 mars 2026. Dans les salons feutrés du Département des Relations Internationales et de la Coopération (DIRCO), l’Afrique australe vient de se doter d’un nouvel outil diplomatique. La République Démocratique du Congo, la République d’Angola et la République d’Afrique du Sud ont officialisé la création d’un Mécanisme Tripartite de Dialogue et de Coopération. Une signature qui scelle une volonté commune de parler d’une seule voix sur les grands enjeux régionaux.
Autour de la table, trois figures de la diplomatie du continent. Pour la RDC, S.E. Mme Noëlla Ayeganagato Nakwipone, Vice-Ministre des Affaires étrangères, a apposé sa signature aux côtés de ses homologues sud-africain et angolais : Ronald O. Lamola, Ministre des Relations Internationales et de la Coopération de l’Afrique du Sud, et l’Ambassadeur Téte António, Ministre des Relations Extérieures de l’Angola.
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Un processus longuement mûri
Ce protocole d’accord n’est pas né d’une impulsion soudaine. Il est l’aboutissement d’un processus soutenu de consultations et de travaux techniques menés par les experts des trois pays. Des mois de discussions, d’ajustements et de négociations pour parvenir à un texte équilibré, capable d’embrasser la complexité des relations entre ces trois géants du sud-ouest africain.
Le choix de Pretoria pour abriter la signature n’est pas anodin. L’Afrique du Sud, puissance économique du continent, joue souvent le rôle de facilitateur et de pont entre les pays lusophones et francophones de la région.
Quatre piliers pour une coopération renforcée
Le mécanisme qui entre en vigueur repose sur quatre axes prioritaires, dessinant un partenariat à la fois large et profond.
Les affaires politiques et diplomatiques constituent le premier pilier. Les trois capitales s’engagent à coordonner leurs positions sur la scène internationale, à harmoniser leurs votes aux Nations unies et à porter des initiatives communes au sein de l’Union africaine.
La sécurité arrive en deuxième position, signe que la stabilité régionale reste une préoccupation majeure. Dans un contexte où l’Est de la RDC continue de saigner, où le terrorisme menace les côtes mozambicaines et où les trafics en tout genre prospèrent, la coopération sécuritaire devient vitale. Le mécanisme devrait permettre un échange de renseignements accru et des opérations coordonnées.
La promotion du commerce et des investissements constitue le troisième axe. Les trois pays représentent un marché de près de 200 millions de consommateurs. Pourtant, les échanges intra-régionaux restent bien en deçà de leur potentiel, entravés par des barrières douanières et logistiques. Ce protocole vise à lever ces obstacles et à créer un environnement propice aux affaires.
Enfin, le développement économique durable au bénéfice des populations vient couronner l’édifice. L’ambition affichée est que la croissance ne profite pas seulement aux élites, mais qu’elle irrigue l’ensemble du tissu social, créant des emplois et améliorant les conditions de vie.
Un signal fort pour la région
La signature de ce protocole intervient à un moment où la région des Grands Lacs et l’Afrique australe traversent des turbulences. Entre la crise persistante dans l’Est congolais, les tensions latentes et les défis économiques post-pandémie, ce mécanisme tripartite apparaît comme une tentative de construire un rempart de stabilité.
Pour Kinshasa, ce rapprochement avec Luanda et Pretoria est aussi une manière de consolider un axe diplomatique solide face aux ingérences extérieures dénoncées à répétition. L’Angola, médiateur historique dans le conflit entre la RDC et le Rwanda, et l’Afrique du Sud, contributeur majeur aux missions de paix, sont des alliés naturels.
L’heure de la mise en œuvre
La signature n’est que la première pierre. Reste désormais à mettre en musique ce mécanisme. Des réunions périodiques au niveau ministériel sont prévues, ainsi que la création de groupes de travail techniques sur chacun des quatre piliers.
Les populations, elles, attendront de voir les effets concrets de cette coopération. Moins de violence à Goma, plus de commerce entre Kinshasa et Johannesburg, des investissements sud-africains en Angola, des projets de développement financés conjointement : voilà ce qui transformera un beau protocole en réussite tangible.
Pour l’heure, les trois diplomates ont posé pour la photo officielle, souriants, le document siglé entre les mains. Un instantané d’espoir dans un continent qui en a cruellement besoin.



