Kolwezi, 10 mars 2026 – Dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo, une rencontre discrète mais cruciale se tient depuis ce mardi. Pendant trois jours, Kolwezi, capitale du cuivre, devient aussi celle de l’espoir pour des milliers de familles déracinées.
La 9ᵉ réunion tripartite entre la République démocratique du Congo, la Zambie et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est officiellement ouverte. Son objectif est clair : évaluer, planifier et accélérer le retour des réfugiés congolais.
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Dans la salle de conférence, l’atmosphère reste solennelle mais constructive. En effet, derrière les discours protocolaires se cachent des chiffres parlants. Entre 2023 et 2025, 11 523 Congolais, soit 3 150 ménages, sont déjà rentrés depuis la Zambie vers la RDC. Toutefois, les autorités souhaitent maintenant amplifier ce mouvement de retour.
Le Lualaba, une terre d’hospitalité
La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a ouvert les travaux en saluant « l’esprit de solidarité et de fraternité » qui unit la RDC et la Zambie.
Elle a d’abord remercié le pays voisin pour avoir accueilli et protégé de nombreux Congolais contraints de fuir leur pays à cause des crises passées. Cependant, elle a aussi rappelé que le Lualaba reste lui-même une terre d’accueil.
Par le passé, la province a notamment hébergé des réfugiés angolais. Beaucoup d’entre eux ont pu rentrer chez eux dans des conditions dignes et sécurisées.
Une feuille de route dense pour les trois délégations
Durant cette réunion, les délégations doivent examiner plusieurs dossiers importants. Leur agenda prévoit notamment :
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l’évaluation des recommandations issues de la 8ᵉ réunion tripartite ;
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la présentation de la situation actuelle des réfugiés congolais en Zambie ;
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l’analyse de la situation sécuritaire dans les zones de retour en RDC ;
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l’examen de la situation des réfugiés zambiens présents en RDC ;
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enfin, l’étude des modalités de rapatriement et de réintégration des Congolais.
Selon Éric Mukandila, la coopération entre les différentes parties reste essentielle. Il a donc insisté sur la nécessité de travailler étroitement ensemble afin de permettre aux réfugiés volontaires de rentrer dans les délais prévus.
Vers un groupe de travail pour les réfugiés zambiens
La réunion aborde aussi la question des réfugiés zambiens vivant en RDC. Ces derniers résident principalement dans les provinces du Haut-Katanga, du Lomami et du Lualaba.
Pour avancer sur ce dossier, les participants envisagent la création d’un groupe de travail chargé de leur enregistrement officiel. Cette mesure devrait permettre de clarifier leur situation administrative et d’appliquer les résolutions adoptées lors de la 14ᵉ session.
Le HCR encourage les efforts des deux États
Le représentant du HCR en RDC, Pierre Atchom, a salué les efforts déjà accomplis par les deux pays.
Il a notamment exprimé le souhait que les gouvernements de la RDC et de la Zambie poursuivent leur engagement afin de faciliter le rapatriement volontaire des réfugiés.
Il a aussi remercié les autorités congolaises pour les facilités accordées à l’agence onusienne dans sa mission de protection internationale.
Selon lui, plusieurs mesures prises par le gouvernement contribuent déjà à renforcer la sécurité dans les zones de retour et à favoriser la cohésion sociale entre rapatriés et communautés locales.
Des actions concrètes sur le terrain
Au cours des cinq dernières années, le HCR a soutenu le gouvernement congolais à travers plusieurs initiatives.
L’agence a notamment mené :
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un monitoring de la protection aux frontières ;
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des programmes de protection communautaire ;
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la construction et la réhabilitation d’écoles et de centres de santé ;
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ainsi que des projets d’autonomisation économique.
Ces initiatives visent à renforcer la paix locale et à améliorer la sécurité alimentaire dans les zones concernées.
Trois jours pour préparer le retour
Les délégations poursuivront leurs travaux jusqu’au 12 mars. Pendant ces trois jours, elles vont négocier, planifier et coordonner leurs actions.
Leur objectif reste simple : permettre à ceux qui ont fui les conflits de rentrer chez eux dignement et durablement. Dans le même temps, les autorités veulent aussi régulariser la situation des réfugiés encore présents en RDC.
Ainsi, Kolwezi ne symbolise plus seulement la richesse minière du pays. La ville devient aussi une étape importante sur le chemin du retour et de la reconstruction.



