Société




Kindu bientôt reliée à Dar-es-Salam : le vol direct qui va transformer l’économie du Maniema

C'est une nouvelle qui fait souffler un vent d'espoir sur la province du Maniema. La Tanzanie a donné son feu…

C’est une nouvelle qui fait souffler un vent d’espoir sur la province du Maniema. La Tanzanie a donné son feu vert pour l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre Dar-es-Salam et Kindu, le chef-lieu provincial. Une décision qui, pour les opérateurs économiques locaux, sonne comme une révolution logistique. Fin du calvaire des transits forcés par Goma, baisse des coûts, exportations accélérées : le Maniema s’apprête à entrer dans une nouvelle ère économique.

L’annonce, faite en fin de semaine dernière par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) section Maniema, n’est pas passée inaperçue dans les milieux d’affaires de la région. Elle est le fruit d’une mission économique conjointe entre le gouvernement provincial et les opérateurs économiques locaux en Tanzanie. Un travail de longue haleine qui porte enfin ses fruits.

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Selon Bolangi Mulamba Albert, premier vice-président de la FEC-Maniema, le dossier est aujourd’hui « à un stade très avancé ». Il ne manque plus que l’aval technique des services d’aviation pour que le projet devienne réalité.

La fin du calvaire des commerçants

Pour les commerçants de Kindu, l’actuelle situation logistique relève du parcours du combattant. Toute marchandise importée doit transiter par Goma, à des centaines de kilomètres au nord, avec son lot de ruptures de charge, de coûts supplémentaires et de délais imprévisibles.

Avec cette nouvelle ligne directe, le tableau change radicalement :

  • Achat direct : les commerçants pourront s’approvisionner directement à Dar-es-Salam, l’un des grands ports de l’océan Indien.

  • Transit supprimé : fin des ruptures de charge à Goma et des intermédiaires qui grèvent les marges.

  • Prix à la baisse : la simplification logistique devrait mécaniquement réduire les coûts de revient des marchandises, avec des répercussions positives pour les consommateurs locaux.

Une bouffée d’oxygène pour une province enclavée qui paie souvent très cher son isolement.

Le secteur minier en première ligne

Les opérateurs miniers du Maniema sont sans doute les plus grands bénéficiaires de cette avancée. La province regorge de ressources minières, mais leur exportation s’apparente aujourd’hui à un parcours semé d’embûches.

Amisi Hashimu, secrétaire et conseiller juridique de la chambre des Mines de la FEC, donne un chiffre qui en dit long : l’exportation des minerais via Kalemie, l’actuel point de sortie, prend entre six et sept mois.

« Pouvoir transporter les minerais directement de Kindu vers Dar-es-Salam est une excellente nouvelle pour nous. Nous souhaitons que ce projet se concrétise dans les meilleurs délais », a-t-il déclaré.

Avec une liaison directe, les conteneurs de coltan, d’or ou d’autres minerais précieux pourront gagner le port tanzanien en quelques heures au lieu de plusieurs mois. Un gain de temps considérable qui améliore la compétitivité des produits congolais sur les marchés internationaux.

Le désenclavement, clé du développement

Au-delà des avantages économiques immédiats, c’est toute la stratégie de désenclavement du Maniema qui se concrétise avec cette ligne aérienne. Longtemps considérée comme une province isolée, difficile d’accès, Kindu devient désormais une porte d’entrée et de sortie vers l’océan Indien.

Pour les autorités provinciales, cette ouverture est un levier majeur pour attirer les investisseurs et dynamiser une économie locale qui tourne encore trop souvent au ralenti.

Reste à franchir la dernière étape : l’aval technique des services d’aviation tanzaniens et congolais. Mais les acteurs économiques du Maniema n’ont jamais été aussi proches du but. Après des années de frustration logistique, ils tiennent enfin la promesse d’une connexion directe avec l’un des hubs portuaires les plus importants d’Afrique de l’Est.

Pour les commerçants de Kindu, pour les mineurs qui extraient les richesses du sous-sol, pour les familles qui espèrent voir baisser le prix du riz et des produits de première nécessité, cette ligne aérienne n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Et elle est désormais à portée d’aile.

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