Kinshasa, 27 février 2026 – L’avion en provenance de Bruxelles a atterri ce vendredi sur le tarmac de Ndjili. À son bord, Jean-Marc Kabund. Le président de l’Alliance pour le changement rentre au pays après une tournée européenne intense.
Pendant que les chefs d’État occupaient le devant de la scène, il menait ses propres consultations à Bruxelles et à Paris. Ainsi, il a privilégié les échanges discrets dans les cabinets politiques. Son message, cependant, reste clair : la crise congolaise ne se résoudra pas uniquement par les armes.
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À Bruxelles, face aux cadres de son parti réunis pour une causerie politique, il a martelé sa position. « La réponse exclusivement sécuritaire conduit à une impasse », a-t-il affirmé. Certes, il reconnaît la nécessité de défendre le territoire. Toutefois, il appelle à un dépassement politique. Il propose donc un cadre de concertation crédible, strictement arrimé à la Constitution. Selon lui, seules des discussions inclusives peuvent ouvrir une issue durable.
Une rencontre clé avec Louis Michel
La tournée a pris une autre dimension le 19 février. Ce jour-là, Kabund a rencontré Louis Michel à Bruxelles. L’ancien chef de la diplomatie belge reste une figure influente en Europe.
Les deux hommes ont échangé pendant plus d’une heure. Ils ont abordé la situation dans la région des Grands Lacs. Ils ont aussi évoqué les violences persistantes dans l’Est de la RDC. Enfin, ils ont discuté des pistes concrètes pour favoriser un retour à la paix.
À l’issue de la rencontre, Louis Michel a salué la qualité des échanges. Surtout, il a invité Kabund à intervenir le 13 mars prochain lors d’un colloque international à Bruxelles. Le thème : « L’Europe à la reconquête de sa souveraineté : quelles relations avec l’Afrique ? ». Cette invitation lui offre une tribune stratégique devant diplomates et décideurs européens.
Un capital diplomatique à tester
En rentrant à Kinshasa, Jean-Marc Kabund revient donc avec un atout politique. Il a tissé des liens. De plus, il a rendu audible, à Bruxelles, la voix d’une opposition congolaise favorable au dialogue.
Reste maintenant à transformer l’essai sur la scène nationale. Le contexte politique demeure tendu. Les fractures sécuritaires persistent. Pourtant, cette visibilité internationale peut renforcer son positionnement interne.
Le colloque du 13 mars constituera ainsi un test majeur. S’il parvient à internationaliser le débat congolais sans perdre son ancrage local, il marquera un point supplémentaire. Dans le cas contraire, cette séquence européenne restera symbolique. Une chose, néanmoins, paraît acquise : Kabund a réussi à s’inviter dans le jeu diplomatique.



