Kisantu, ce lundi 23 février 2026, s’apprête à vivre un moment historique. Sous le ciel généreux du Kongo Central, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka s’avance pour enfoncer la première pelle dans la terre promise. Cette pelletée, symbolique mais lourde de sens, marque le lancement des travaux des Cliniques universitaires de l’Université Kongo (UK).
Le nom de l’édifice est déjà choisi et résonne comme un hommage mérité. Ces cliniques porteront celui de la Cheffe du Gouvernement, première femme à accéder à ce poste en RDC et première personnalité originaire du Kongo Central à occuper cette fonction suprême. L’université de sa terre natale a voulu immortaliser cette double consécration dans le béton et l’acier.
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6,7 millions de dollars pour poser la première brique
Au-delà du symbole, les chiffres donnent la mesure de l’ambition. Le premier module des cliniques représente un investissement de 6,7 millions de dollars. À cette somme s’ajouteront 2,5 millions pour équiper l’établissement des technologies médicales les plus modernes.
Les engins de chantier devront tourner rapidement et efficacement. Le premier module doit être terminé en un an et six mois, afin de sortir de terre une structure qui ne ressemblera en rien à un simple dispensaire.
Une faculté de médecine qui prend le large
Parallèlement, l’Université Kongo a pris une décision stratégique : sa faculté de médecine, actuellement à Kisantu, sera délocalisée vers Luangu. Sur un terrain de 24 hectares, un nouveau pôle de formation verra le jour.
Le projet ne se limite pas à un bâtiment. L’ambition vise à créer un véritable « pool médical » intégré, comprenant :
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Les Cliniques universitaires
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Une faculté de médecine moderne
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Une faculté de médecine bucco-dentaire
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Un Institut supérieur technique médical (ISTM)
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Une École de santé publique
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Un grand laboratoire de production pharmaceutique
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Un centre spécialisé dans les maladies tropicales
Cinq ans pour bâtir un rêve à 50 millions
La vision est ambitieuse et précise. La réalisation complète du complexe est prévue sur cinq ans, pour un coût total de 50 millions de dollars. Ce projet doit faire de l’Université Kongo la référence incontournable de la formation médicale en Afrique centrale.
« Notre faculté de médecine a grandement besoin d’une unité de formation et de recherche », explique le recteur, le Professeur Germain Kuna Maba Mambuku. « Ces cliniques joueront un rôle fondamental pour la recherche, mais aussi pour améliorer les services de santé à la communauté. »
3 000 lits pour soigner et former
Le projet reste centré sur l’essentiel : le soin. Les polycliniques prévues offriront 3 000 lits, intégrant tous les services médicaux nécessaires pour répondre aux besoins d’une population souvent démunie, tout en servant de terrain d’apprentissage pour les futurs médecins.
Financement participatif : un pari audacieux
Comment financer un projet de cette envergure ? L’Université Kongo mise sur l’innovation et la transparence. Le recteur détaille le mécanisme :
« Toutes les personnalités qui veulent participer à cette aventure contribueront. Ceux qui investiront deviendront co-propriétaires du projet. »
Concrètement, 40 % du montant total sera collecté via une plateforme de financement participatif, ouverte à tous, tandis que les 60 % restants proviendront d’investisseurs volontaires. Ce modèle repose sur la confiance et l’attachement des Congolais, au pays comme à l’étranger, à un projet qui dépasse le cadre universitaire.
Judith Suminwa, marraine d’un héritage
En posant cette première pierre, la Première ministre ne pose pas seulement un bloc de béton. Elle pose la première pierre d’un héritage. Une femme qui a ouvert la voie et qui, par ce geste, contribue à former une médecine congolaise de qualité, sur place, pour soigner sur place.
Pour l’Université Kongo, ce lundi 23 février 2026 marque un tournant. Pour le Kongo Central, une promesse. Pour la RDC, une étape supplémentaire vers un système de santé digne de ce nom.
Le compte à rebours a commencé. Dans dix-huit mois, le premier module devra sortir de terre. Dans cinq ans, le rêve des 50 millions de dollars devra devenir réalité. D’ici là, les promoteurs comptent sur la mobilisation de tous. À Kisantu, on soigne, on forme, on bâtit. Pour demain.



