La voix de l’opposition congolaise se fait entendre jusqu’à Washington. Ce mercredi 18 mars 2026, Jean-Marc Kabund A Kabund, président de l’Alliance pour le Changement, a reçu à sa résidence de Kingabwa une délégation de l’ambassade des États-Unis. Au menu des discussions : la détérioration dramatique de la situation sécuritaire dans l’Est du pays et l’urgence d’une réponse politique.
Dans le salon feutré de sa résidence kinoise, le ton était grave. Face aux représentants de la diplomatie américaine, Jean-Marc Kabund n’a pas mâché ses mots. Il a dressé un tableau sans concession de la réalité vécue par des millions de Congolais dans les provinces orientales, théâtre depuis des décennies de violences armées ininterrompues.
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L’opposant a insisté sur un point : au-delà des considérations géopolitiques et des rivalités entre puissances, ce sont d’abord des vies humaines qui sont en jeu. Il a décrit des conditions de vie de plus en plus précaires pour les populations civiles, prises en étau entre les groupes armés, les violences communautaires et l’impuissance relative des forces de sécurité.
Un plaidoyer pour un dialogue « global et inclusif »
Pour Jean-Marc Kabund, l’urgence sécuritaire ne doit pas occulter la racine du mal. Il a réaffirmé avec force sa conviction : seule une solution politique permettra de sortir de l’ornière.
Selon lui, les frappes militaires et les opérations ponctuelles ne suffiront jamais à éradiquer un conflit aussi enraciné. La résolution durable passe impérativement par un dialogue politique global et inclusif. Un dialogue capable, a-t-il expliqué à ses interlocuteurs, de traiter les causes profondes de la crise : la marginalisation de certaines communautés, la gestion des ressources naturelles, et l’absence d’autorité de l’État dans de vastes zones du territoire.
Ce discours n’est pas nouveau chez le leader de l’Alliance pour le Changement. Mais le recevoir à son domicile, dans le cadre d’une consultation officielle, donne un poids particulier à ses analyses. La rencontre avec les Américains sonne comme une reconnaissance, par la première puissance mondiale, de la pertinence de sa position.
Le sens d’une rencontre
Cette visite s’inscrit dans une stratégie claire. Jean-Marc Kabund multiplie, depuis plusieurs mois, les consultations avec les partenaires internationaux de la RDC. Ambassades européennes, missions onusiennes, et maintenant États-Unis : l’opposant construit patiemment un réseau d’influence.
Son objectif est transparent : promouvoir une solution politique à la crise persistante dans l’Est, en faisant pression sur le pouvoir de Kinshasa pour qu’il accepte un cadre de négociation élargi. En recevant la délégation américaine, Kabund envoie un message à la fois à l’opinion nationale et au gouvernement : l’opposition a sa propre lecture de la crise, et elle entend peser sur les décisions à venir.
Pour Washington, ces consultations régulières avec les acteurs politiques locaux, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, répondent à une logique bien rodée : garder le pouls d’un pays stratégique, riche en minerais, et dont l’instabilité chronique menace de déborder sur toute l’Afrique des Grands Lacs.
Reste à savoir si ce plaidoyer pour un dialogue global trouvera un écho dans les hautes sphères du pouvoir congolais, et surtout, s’il pourra se traduire un jour par une amélioration concrète du sort des millions d’habitants de l’Est, qui attendent, dans l’angoisse et le dénuement, que la communauté internationale passe des paroles aux actes.



