Une bouffée d’espoir pour les enfants de l’Ituri. Ce mercredi 9 avril 2026, à l’hôtel du Gouvernement à Kinshasa, le gouvernement congolais, en collaboration avec la République de Corée et l’UNICEF, a officiellement lancé le projet « Resilience for Children ». Doté de 5 millions de dollars financés par Séoul, ce programme vise à apporter une réponse structurelle et humanitaire aux mineurs frappés par la crise dans cette province du Nord-Est. Assistance immédiate, services sociaux durables, éducation d’urgence : les ambitions sont à la hauteur des défis.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont la ministre d’État aux Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, Ève Bazaiba, la ministre d’État à l’Éducation Nationale, Raïssa Malu, l’ambassadeur de Corée du Sud, Jeong Hong Geun, et le représentant pays de l’UNICEF, John Agbor.
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Une alliance tripartite scellée pour répondre à une urgence humanitaire souvent négligée : celle des enfants de l’Ituri, victimes collatérales de violences intercommunautaires qui n’en finissent pas.
Une stratégie combinée pour des résultats concrets
Le projet « Resilience for Children » se distingue par une approche intégrée, combinant assistance immédiate et actions durables.
L’assistance immédiate vise plus de 30 000 personnes. Elle inclut :
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Des soins de santé d’urgence,
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Un soutien nutritionnel (lutte contre la malnutrition aiguë),
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La distribution de biens essentiels (couvertures, kits d’hygiène, ustensiles de cuisine),
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Des transferts monétaires pour permettre aux familles de subvenir à leurs besoins.
L’accès durable aux services sociaux de base comprend :
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Le soutien psychosocial pour les enfants traumatisés par la violence,
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La construction de points d’eau potable pour prévenir les maladies hydriques,
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La réhabilitation d’infrastructures communautaires (écoles, centres de santé).
L’objectif est de stabiliser les zones de conflit, de permettre le retour des déplacés, et de créer les conditions d’un développement à long terme.
L’urgence d’agir en Ituri
Dans son discours, le représentant pays de l’UNICEF, John Agbor, a rappelé l’urgence d’agir en Ituri. Les déplacements massifs de populations exacerbent les violations des droits de l’enfant. Les enfants sont exposés à la violence, aux recrutements forcés, aux séparations familiales, aux violences sexuelles.
L’Ituri, déjà meurtrie par des décennies de conflits intercommunautaires (notamment entre les communautés Hema et Lendu), connaît une résurgence des violences depuis plusieurs années. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées. Les besoins humanitaires sont immenses.
Le projet « Resilience for Children » vise à apporter une réponse à la hauteur de ces défis.
La Corée du Sud, partenaire engagé
L’ambassadeur de Corée du Sud, Jeong Hong Geun, a réaffirmé la volonté de son pays de contribuer au relèvement durable des communautés affectées. Séoul, qui a connu la guerre et la pauvreté, se sent solidaire des pays en développement.
Les 5 millions de dollars alloués à ce projet témoignent de l’engagement de la Corée du Sud en faveur de la protection des enfants dans les zones de conflit. Un geste salué par les autorités congolaises.
« La Corée du Sud n’oublie pas que son développement a été soutenu par la communauté internationale. Aujourd’hui, c’est à notre tour de donner », a déclaré l’ambassadeur.
L’intégration des stratégies éducatives en situation d’urgence
Présente à la cérémonie, la ministre d’État à l’Éducation Nationale, Raïssa Malu, a insisté sur l’intégration des stratégies éducatives en situation d’urgence. Pour elle, l’éducation ne peut pas attendre la fin des conflits.
Elle a plaidé pour le déploiement de l’enseignement à distance afin de briser le cycle de déscolarisation imposé par les crises. Les radios communautaires, les tablettes, les smartphones, les kits scolaires d’urgence : autant d’outils pour permettre aux enfants déplacés de continuer à apprendre.
« Un enfant qui n’est pas scolarisé est un enfant vulnérable, exposé aux recrutements forcés, aux violences, à l’exploitation », a martelé Raïssa Malu. « L’éducation est une protection. »
Une approche fondée sur les droits de l’enfant
Le projet « Resilience for Children » se distingue également par son approche fondée sur les droits de l’enfant. Les mineurs ne sont pas considérés comme de simples bénéficiaires passifs, mais comme des acteurs de leur propre développement.
Le programme prévoit la participation active des mineurs via des clubs d’enfants et des « gouvernements scolaires ». Ces structures permettent aux enfants d’exprimer leurs besoins, de participer aux décisions qui les concernent, et de développer des compétences civiques.
Une innovation qui pourrait faire école dans d’autres provinces.
L’extension progressive du modèle
Pour Kinshasa, l’ambition dépasse les frontières de l’Ituri. L’approche fondée sur des résultats mesurables et la participation communautaire pourrait être étendue à d’autres provinces touchées par les épidémies (choléra, Ebola, Covid-19) et les aléas climatiques (inondations, glissements de terrain).
Le suivi rigoureux du projet, avec des indicateurs précis et des évaluations régulières, devrait permettre de transformer ce projet pilote en une réussite pérenne, capable d’attirer de nouveaux financements internationaux.
« Nous voulons prouver que cela marche, pour ensuite convaincre d’autres partenaires de nous rejoindre », a expliqué une source proche du gouvernement.
Un avenir plus stable pour les enfants du Nord-Est
Avec ce projet, la RDC et ses partenaires espèrent non seulement panser les plaies immédiates, mais surtout offrir un avenir plus stable aux enfants du Nord-Est du pays.
L’Ituri, terre de violence et de déplacements, pourrait devenir un laboratoire d’innovation sociale. Les enfants, premières victimes des conflits, pourraient devenir les premiers bénéficiaires d’une politique de protection renforcée.
Le chemin est long. Les défis sont immenses. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la mobilisation internationale. Celui de l’engagement politique. Celui de l’espoir, peut-être.
Une réponse structurelle à une crise chronique
Le projet « Resilience for Children » se veut une réponse structurelle, et non pas seulement une énième opération humanitaire d’urgence. Il s’agit de reconstruire les systèmes de protection de l’enfance, de renforcer les capacités des acteurs locaux, de créer les conditions d’un développement durable.
L’UNICEF apporte son expertise technique. La Corée du Sud apporte les financements. Le gouvernement congolais apporte la volonté politique. Une combinaison gagnante, en théorie.
Reste à savoir si cette belle mécanique fonctionnera sur le terrain. Si les 5 millions de dollars seront utilisés à bon escient. Si les enfants de l’Ituri sentiront vraiment la différence.
L’enjeu : passer de l’intention à l’action
La cérémonie de lancement s’est achevée dans une atmosphère d’optimisme prudent. Les discours ont été beaux, les engagements solennels. Mais l’enjeu est désormais de passer de l’intention à l’action.
Les prochains mois diront si « Resilience for Children » tient ses promesses. Si les 30 000 personnes assistées reçoivent effectivement l’aide annoncée. Si les points d’eau sont construits. Si les enfants retournent à l’école.
L’Ituri, province martyre, mérite mieux que des promesses. Ses enfants méritent un avenir. Un avenir sans violence, sans peur, sans déplacement. Un avenir où ils pourront grandir, apprendre, rêver.
Le projet « Resilience for Children » est une pièce du puzzle. Il reste à assembler les autres. Avec la volonté politique, la mobilisation internationale, et l’engagement des communautés, l’Ituri pourrait bien, un jour, sortir de l’ornière.
En attendant, les enfants de l’Ituri attendent. Ils attendent que les 5 millions de dollars se transforment en écoles, en centres de santé, en eau potable. Ils attendent que les discours deviennent réalité. Ils attendent que l’espoir, enfin, l’emporte sur la désolation.



