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Goma sous les bombes : des explosions secouent le quartier Himbi, la peur s’empare de la population

Goma, 11 mars 2026 – La matinée était calme, presque banale, dans cette ville du Nord-Kivu habituée pourtant aux soubresauts…

Goma, 11 mars 2026 – La matinée était calme, presque banale, dans cette ville du Nord-Kivu habituée pourtant aux soubresauts de la guerre. Puis, vers 9 heures, le silence a volé en éclats. Des détonations, puissantes, rapprochées, ont déchiré l’air. Leur origine ? Le quartier Himbi, l’un des plus huppés de Goma, niché entre les rives du lac Kivu et les collines verdoyantes. En quelques secondes, la panique a saisi la population.

« Nous avons entendu plusieurs explosions ce matin. Les habitants ont eu très peur, mais pour l’instant nous ne connaissons pas l’origine exacte de ces drones », témoigne un acteur de la société civile joint par nos confrères  d’Actu30.cd, sous couvert d’anonymat. Le mot est lâché : drones. Une arme devenue tristement familière dans cette région où les frappes ciblées se multiplient.

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Un quartier de puissants

Himbi n’est pas un quartier comme les autres. Ses villas cossues, ses rues bitumées, ses jardins fleuris abritent des personnalités influentes de la région et du pays. Des hommes d’affaires, des politiciens, des chefs de guerre. Selon des sources locales, des figures de proue de la rébellion AFC-M23, comme Corneille Nangaa ou Bertrand Bisimwa, y posséderaient des résidences ou y séjourneraient épisodiquement.

Autre présence de poids, et non des moindres : l’ancien président Joseph Kabila aurait également une propriété dans le secteur. Une information jamais officiellement confirmée, mais qui alimente les spéculations les plus folles.

Qui visait-on ?

Dans ce contexte, la question qui brûle toutes les lèvres est évidemment : qui était la cible de ces frappes ? Des responsables rebelles ? D’anciens dignitaires ? Des civils ? Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué. Ni les autorités militaires, ni le gouvernement provincial n’ont pris la parole. Le flou le plus complet règne sur les dégâts humains et matériels.

Ce silence alimente les rumeurs. Sur les réseaux sociaux, les hypothèses les plus folles circulent. Certains parlent d’une tentative d’assassinat, d’autres d’une frappe préventive de l’armée congolaise, d’autres encore d’un règlement de comptes entre groupes armés.

Goma, ville sous tension

Goma n’est pas une ville comme les autres. C’est une cité blessée, meurtrie par des années de guerre, de déplacements massifs, de violences. Chaque explosion, chaque coup de feu ravive les traumatismes. Les habitants vivent dans l’attente permanente du prochain drame.

Ce mercredi 11 mars, le drame a frappé Himbi. Mais pour l’instant, on ne sait pas encore qui est mort, qui est vivant, qui était visé. La ville retient son souffle, en attendant que les autorités daignent parler.

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